
Forum des joueurs du club Rêves & Légendes
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| | Où l'on présente les différentes communautés du jeu | |
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Julien Seigneur de l'absolu


Nombre de messages: 2135 Age: 30 Localisation: Ivry sur Seine, c'est moins beau qu'Esbly Date d'inscription: 15/09/2006
 | Sujet: Où l'on présente les différentes communautés du jeu Mar 9 Aoû - 18:34 | |
| Au cours des épîtres joués, j'ai essayé à chaque fois de vous présenter une ou plusieurs communautés qui vivaient à cette époque en Outremer. Il aurait fallut encore au moins 2 années de jeux pour toutes (ou presque) vous les présenter! J'espère vous avoir fait gouter à cette période historique très riche en peuples, religions et cultures. Aussi j'essayerais dans ce sujet de vous présenter les communautés rencontrés, et celles que malheureusement vous n'avez pas pu rencontrés mais que vous avez peut être entendu parler au coin du diwan entre les vapeurs du narghilé et les douceurs sucrées de l'Orient... |
|  | | Julien Seigneur de l'absolu


Nombre de messages: 2135 Age: 30 Localisation: Ivry sur Seine, c'est moins beau qu'Esbly Date d'inscription: 15/09/2006
 | Sujet: Re: Où l'on présente les différentes communautés du jeu Mar 9 Aoû - 22:23 | |
| On va commencer bien naturellement par les acteurs majeurs du jeu; les Templiers et l'Ordre du Temple L’ordre du Temple était un ordre religieux et militaire issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge, dont les membres étaient appelés les Templiers. Cet ordre fut créé le 22 janvier 1129 à partir d'une milice appelée les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon. Il œuvra pendant les XIIe et XIIIe siècles à l'accompagnement et à la protection des pèlerins pour Jérusalem dans le contexte de la guerre sainte et des croisades. Il participa activement aux batailles qui eurent lieu lors des croisades et de la Reconquête. Afin de mener à bien ses missions et notamment d'en assurer le financement, il constitua à travers l'Europe chrétienne d'Occident et à partir de dons fonciers, un réseau de monastères appelés commanderies. Cette activité soutenue fit de l'ordre un interlocuteur financier privilégié des puissances de l'époque, le menant même à effectuer des transactions sans but lucratif avec certains rois ou à avoir la garde de trésors royaux. Après la perte définitive de la Terre sainte en 1291, l'ordre fut victime de la lutte entre la papauté et le roi de France, Philippe le Bel. Il fut dissout par le pape Clément V le 13 mars 1312 à la suite d'un procès en hérésie. La fin tragique de l'ordre mena à nombre de spéculations et de légendes sur son compte. Naissance de l'ordre du Temple Le contexte politico-militaireLe pape Urbain II prêcha la première croisade le 27 novembre 1095, dixième jour du concile de Clermont. La motivation du pape à voir une telle expédition militaire prendre forme venait du fait que les pèlerins chrétiens en route vers Jérusalem étaient régulièrement victimes d'exactions voire d'assassinats. Le pape demanda donc au peuple chrétien d'Occident de prendre les armes afin de venir en aide aux chrétiens d'Orient. Cette croisade eut alors comme cri de ralliement « Dieu le veut ! » et tous ceux qui prirent part à la croisade furent marqués par le signe de la croix, devenant ainsi les croisés. Cette action aboutit le 15 juillet 1099 à la prise de Jérusalem par les troupes chrétiennes de Godefroy de Bouillon. Hugues de Payns, futur fondateur et premier maître de l'ordre du Temple, vint pour la première fois en Terre Sainte en 1104 pour accompagner le comte Hugues de Champagne, alors en pèlerinage5. Ils en revinrent en 1107. Les prémices de l'ordre du TempleAprès la prise de Jérusalem, Godefroy de Bouillon fut désigné roi de Jérusalem par ses pairs, titre qu'il refusa, préférant porter celui d'Avoué du Saint-Sépulcre. Il mit en place l'ordre des chanoines du Saint-Sépulcre qui avait pour mission d'aider le patriarche de Jérusalem dans ses diverses tâches. Un certain nombre d'hommes d'armes, issus de la croisade, se mirent alors au service du patriarche afin de protéger le Saint-Sépulcre. Une institution similaire constituée de chevaliers, appelés chevaliers de Saint-Pierre (milites sancti Petri), fut créée en Occident pour protéger les biens des abbayes et églises. Ces chevaliers étaient des laïcs, mais ils profitaient des bienfaits des prières. Par extension, les hommes chargés d'assurer la protection des biens du Saint-Sépulcre ainsi que de la communauté des chanoines étaient appelés milites sancti Sepulcri (chevaliers du Saint-Sépulcre). Il est fort probable qu'Hugues de Payns intégrât cette institution dès 1115. Tous les hommes chargés de la protection du Saint-Sépulcre logeaient à l'hôpital Saint-Jean de Jérusalem situé tout près. Lorsque l'ordre de l'Hôpital, reconnu en 1113, fut chargé de s'occuper des pèlerins venant d'Occident, une idée naquit : créer une milice du Christ (militia Christi) qui ne s'occuperait que de la protection de la communauté de chanoines du Saint-Sépulcre et des pèlerins sur les chemins de Terre Sainte, alors en proie aux brigands locaux. Ainsi, les chanoines s'occuperaient des affaires liturgiques, l'ordre de l'Hôpital des fonctions charitables et la milice du Christ de la fonction purement militaire de protection des pèlerins. Cette répartition ternaire des tâches reproduisait l'organisation de la société médiévale, qui était composée de prêtres et moines (oratores, littéralement ceux qui prient), de guerriers (bellatores) et de paysans (laboratores). C'est ainsi que l'ordre du Temple, qui se nommait à cette époque militia Christi, prit naissance avec l'ambiguïté que cette communauté monastique réunit dès le départ les oratores et les bellatores. La fondation de l'ordre du Temple C'est le 23 janvier 1120, lors du concile de Naplouse que naquit, sous l'impulsion d'Hugues de Payns et Godefroy de Saint-Omer, la milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon (en latin : pauperes commilitones Christi Templique Solomonici), qui avait pour mission de sécuriser le voyage des pèlerins affluant d'Occident depuis la reconquête de Jérusalem et de défendre les États latins d'Orient. Dans un premier temps, Payns et Saint-Omer se concentrèrent sur le défilé d'Athlit, un endroit particulièrement dangereux sur la route empruntée par les pèlerins. Par la suite, l'une des plus grandes places fortes templières en Terre Sainte fut construite à cet endroit : le château Pèlerin. Le nouvel ordre ainsi créé ne pouvait survivre qu'avec l'appui de personnes influentes. Hugues de Payns réussit à convaincre le roi de Jérusalem Baudouin II de l'utilité d'une telle milice, chose assez aisée au vu de l'insécurité régnant dans la région à cette époque. Les chevaliers prononcèrent les trois vœux de pauvreté, chasteté et obéissance. Ils reçurent du patriarche Gormond de Picquigny la mission de « garder voies et chemins contre les brigands, pour le salut des pèlerins » (« ut vias et itinera, ad salutem peregrinorum contra latrones ») pour la rémission de leurs péchés. Le roi Baudouin II leur octroya une partie de son palais de Jérusalem, à l'emplacement du Temple de Salomon, qui donna par la suite le nom de Templiers ou de chevaliers du Temple. Hugues de Payns et Godefroy de Saint-Omer ne furent pas les seuls chevaliers à avoir fait partie de la milice avant que celle-ci ne devienne l'ordre du Temple. Voici donc la liste de ces chevaliers, précurseurs ou « fondateurs » de l'ordre: • Hugues de Payns, originaire de Payns en Champagne ; • Godefroy de Saint-Omer, originaire de Saint-Omer dans le comté de Flandre ; • André de Montbard, originaire de la Bourgogne ; • Payen de Montdidier, originaire de la Somme en Picardie ; • Geoffroy Brisol, originaire de Frameries dans le comté de Hainaut ; • Rolland, originaire du marquisat de Provence ; • Archambault de Saint-Amand ; • Gondemare. Le premier don (de trente livres angevines) reçu par l'ordre du Temple vint de Foulque, comte d'Anjou, qui devint par la suite roi de Jérusalem. La recherche de soutienCependant, la notoriété de la milice ne parvenait pas à s'étendre au-delà de la Terre Sainte et c'est pourquoi Hugues de Payns, accompagné de cinq autres chevaliers (Godefroy de St-Omer, Payen de Montdidier, Geoffroy Bissol, Archambault de Saint-Amand et Rolland), embarqua pour l'Occident en 1127 afin de porter un message destiné au pape Honorius II et à Bernard de Clairvaux. Fort du soutien du roi Baudouin et des instructions du patriarche Gormond de Jérusalem, Hugues de Payns avait les trois objectifs suivants: • faire reconnaître la milice par l'Église et lui donner une règle : rattachés aux chanoines du Saint-Sépulcre, les chevaliers suivaient comme eux la règle de saint Augustin ; • donner une légitimité aux actions de la milice puisque la dénomination de moine-chevalier, un amalgame d'une nouveauté absolue, pouvait être en contradiction avec les règles de l'Église et de la société en général ; • recruter de nouveaux chevaliers et obtenir des dons qui feraient vivre la milice en Terre sainte. La tournée occidentale des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon commença en Anjou et passa ensuite par le Poitou, la Normandie, l'Angleterre (où ils reçurent de nombreux dons), la Flandre et enfin la Champagne. Cette démarche d'Hugues de Payns, accompagné de ces cinq chevaliers et soutenu par le roi de Jérusalem, suivait deux tentatives infructueuses qui avaient été faites par André de Montbard et Gondemare, probablement en 1120 et 1125. Le concile de Troyes Arrivant à la fin de sa tournée en Occident et après avoir porté le message du roi de Jérusalem à Bernard de Clairvaux afin qu'il aidât les Templiers à obtenir l'accord et le soutien du pape, Hugues de Payns participa au concile de Troyes (ainsi nommé parce qu'il s'est déroulé dans la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Troyes). Le 13 janvier 1129, le concile s'ouvrit en présence de nombreuses personnalités religieuses dont le prologue de la règle primitive du Temple donne les noms18 : le cardinal Mathieu d'Albano, légat du pape en France, les archevêques de Reims et de Sens, ainsi que dix de leurs évêques suffragants, quatre abbés cisterciens (ceux de Cîteaux, Clairvaux, Pontigny et Troisfontaines), deux abbés clunisiens (ceux de Molesmes et Vézelay), deux chanoines, deux maîtres et un secrétaire. En plus des religieux, se trouvaient des personnages laïcs : Thibaut IV de Blois, comte de Champagne, André de Baudement, sénéchal du comté de Champagne, Guillaume II, comte de Nevers, Auxerre et Tonnerre. Le concile mena à la création de l'ordre du Temple et le dota d'une règle propre. Celle-ci prit pour base la règle de saint Benoît (présence des cisterciens Bernard de Clairvaux et Étienne Harding, fondateur de Cîteaux) avec néanmoins quelques emprunts à la règle de saint Augustin, que suivaient les chanoines du Saint-Sépulcre aux côtés desquels vécurent les premiers Templiers. Une fois la règle adoptée, elle devait encore être soumise à Étienne de Chartres, patriarche de Jérusalem. L'Éloge de la Nouvelle MiliceL'Éloge de la Nouvelle Milice (De laude novae militiae) est une lettre que saint Bernard de Clairvaux envoya à Hugues de Payns, dont le titre complet était Liber ad milites Templi de laude novae militiae et écrite après la défaite de l'armée franque au siège de Damas en 1129. Bernard y souligne l'originalité du nouvel ordre : le même homme se consacre autant au combat spirituel qu'aux combats dans le monde. « Il n’est pas assez rare de voir des hommes combattre un ennemi corporel avec les seules forces du corps pour que je m’en étonne ; d’un autre côté, faire la guerre au vice et au démon avec les seules forces de l’âme, ce n’est pas non plus quelque chose d’aussi extraordinaire que louable, le monde est plein de moines qui livrent ces combats ; mais ce qui, pour moi, est aussi admirable qu’évidemment rare, c’est de voir les deux choses réunies. (§1) » De plus, ce texte contenait un passage important où saint Bernard expliquait pourquoi les Templiers avaient le droit de tuer un être humain : « Le chevalier du Christ donne la mort en toute sécurité et la reçoit dans une sécurité plus grande encore. […] Lors donc qu'il tue un malfaiteur, il n'est point homicide mais Malicide. […] La mort qu'il donne est le profit de Jésus-Christ, et celle qu'il reçoit, le sien propre. […]» Mais pour cela, il fallait que la guerre soit « juste ». C'est l'objet du §2 de L'Éloge de la Nouvelle Milice. Bernard est conscient de la difficulté d'un tel concept dans la pratique, car si la guerre n'est pas juste, vouloir tuer tue l'âme de l'assassin : « Toutes les fois que vous marchez à l’ennemi, vous qui combattez dans les rangs de la milice séculière, vous avez à craindre de tuer votre âme du même coup dont vous donnez la mort à votre adversaire, ou de la recevoir de sa main, dans le corps et dans l’âme en même temps. [...] la victoire ne saurait être bonne quand la cause de la guerre ne l’est point et que l’intention de ceux qui la font n’est pas droite. (§2) » Bernard fait donc bien l'éloge de la Nouvelle Milice, mais non sans nuances et précautions... Tous ses §7 & 8 (= ch. IV) tracent un portrait volontairement idéal du soldat du Christ, afin de le donner comme un modèle qui sera toujours à atteindre. Cet éloge permit aux Templiers de rencontrer une grande ferveur et une reconnaissance générale : grâce à saint Bernard, l'ordre du Temple connut un accroissement significatif : bon nombre de chevaliers s'engagèrent pour le salut de leur âme ou, tout simplement, pour prêter main forte en s'illustrant sur les champs de bataille. La reconnaissance pontificalePlusieurs bulles pontificales officialisèrent le statut de l'ordre du Temple. La bulle Omne datum optimum a été fulminée (rendue publique) par le pape Innocent II le 29 mars 1139 sous la maîtrise de Robert de Craon, deuxième maître de l'ordre du Temple. Elle fut d'une importance capitale pour l'ordre puisqu'elle était à la base de tous les privilèges dont jouissaient les Templiers. En effet, grâce à elle, les frères du Temple eurent droit à la protection apostolique ainsi que d'avoir leurs propres prêtres. On vit donc une nouvelle catégorie émerger dans la communauté, celle des frères chapelains qui officieraient pour les Templiers. De plus, cette bulle confirma le fait que l'ordre du Temple n'était soumis qu'à l'autorité du pape. La bulle créa aussi une concurrence pour le clergé séculier (ce que ce dernier vit souvent d'un mauvais œil). De nombreux conflits d'intérêt éclatèrent entre les Templiers et les évêques ou les curés. Les privilèges qu'elle accorda étant souvent remis en cause, la bulle Omne datum optimum fut confirmée douze fois entre 1154 et 1194, et c'est d'ailleurs pour cette raison qu'il ne fut pas aisé de retrouver l'originale. Organisation et mission de l'ordreRègle et statutsAprès le concile de Troyes, où l'idée d'une règle propre à l'ordre du Temple a été acceptée, la tâche de la rédiger fut confiée à Bernard de Clairvaux, qui lui-même la fit écrire par un clerc qui faisait sûrement partie de l'entourage du légat pontifical présent au concile, Jean Michel (Jehan Michiel), sur des propositions faites par Hugues de Payns. La règle de l'ordre du Temple faisait quelques emprunts à la règle de saint Augustin mais s'inspirait en majeure partie de la règle de saint Benoît suivie par les moines bénédictins. Elle fut cependant adaptée au genre de vie active, principalement militaire, que menaient les frères templiers. Par exemple, les jeûnes étaient moins sévères que pour les moines bénédictins, de manière à ne pas affaiblir les Templiers appelés à combattre. Par ailleurs, la règle était adaptée à la bipolarité de l'ordre, ainsi certains articles concernaient aussi bien la vie en Occident (conventuelle) que la vie en Orient (militaire). La règle primitive (ou latine car rédigée en latin), écrite en 1128, fut annexée au procès-verbal du concile de Troyes en 1129 et contenait soixante-douze articles. Toutefois, vers 1138, sous la maîtrise de Robert de Craon, deuxième maître de l'ordre (1136-1149), la règle primitive fut traduite en français et modifiée. Par la suite, à différentes dates, la règle fut étoffée par l'ajout de six cent neuf retraits ou articles statutaires, notamment à propos de la hiérarchie et de la justice au sein de l'ordre. De sa fondation et durant toute son existence, l'ordre ne s'est pas doté d'une devise. La réception dans l'ordreLes commanderies avaient, entre autres, pour rôle d'assurer de façon permanente le recrutement des frères. Ce recrutement devait être le plus large possible. Ainsi, les hommes laïcs de la noblesse et de la paysannerie libre pouvaient prétendre à être reçus s'ils répondaient aux critères exigés par l'ordre. Tout d'abord, l'entrée dans l'ordre était gratuite et volontaire. Le candidat pouvait être pauvre. Avant toute chose, il faisait don de lui-même. Il était nécessaire qu'il fût motivé car il n'y avait pas de période d'essai par le noviciat. L'entrée était directe (prononciation des vœux) et définitive (à vie). Les principaux critères étaient les suivants : • être âgé de plus de 18 ans (la majorité pour les garçons était fixée à 16 ans) (article 58) • ne pas être fiancé (article 669) • ne pas faire partie d'un autre ordre (article 670) • ne pas être endetté (article 671) • être en parfaite santé mentale et physique (ne pas être estropié) (article 672) • n'avoir soudoyé personne pour être reçu dans l'ordre (article 673) • être homme libre (le serf d'aucun homme) (article 673) • ne pas être excommunié (article 674) Le candidat était prévenu qu'en cas de mensonge prouvé, il serait immédiatement renvoyé. « ... si vous en mentiez, vous en seriez parjure et en pourriez perdre la maison, ce dont Dieu vous garde. » (Extrait de l’article 668) HiérarchieLes Templiers étaient organisés comme un ordre monastique, suivant la règle créée pour eux par Bernard de Clairvaux. Dans chaque pays était nommé un maître qui dirigeait l'ensemble des commanderies et dépendances et tous étaient sujets du maître de l'ordre, désigné à vie, qui supervisait à la fois les efforts militaires de l'ordre en Orient et ses possessions financières en Occident. Avec la forte demande de chevaliers, certains parmi eux se sont aussi engagés à la commande pendant une période prédéterminée avant d'être renvoyés à la vie séculière, comme les Fratres conjugati, qui étaient des frères mariés. Ils portaient le manteau noir ou brun avec la croix rouge pour les distinguer des frères ayant choisi le célibat et qui n'avaient pas le même statut que ces derniers. Les frères servants (frères casaliers et frères de métiers) étaient choisis parmi les sergents qui étaient d'habiles marchands ou alors incapables de combattre en raison de leur âge ou d'une infirmité. La grande majorité des Templiers, incluant les chevaliers et les maîtres de l'ordre, étaient incultes et illettrés, n'étant pas issus de la haute noblesse mais de familles plus obscures. À tout moment, chaque chevalier avait environ dix personnes dans des positions de soutien. Quelques frères seulement se consacraient aux opérations bancaires (spécialement ceux qui étaient éduqués), car l'ordre a souvent eu la confiance des participants aux croisades pour la bonne garde de marchandises précieuses. Cependant, la mission première des Chevaliers du Temple restait la protection militaire des pèlerins de Terre sainte. Les maîtres de l'ordre du TempleL'expression « grand maître » pour désigner le chef suprême de l'ordre est apparue à la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe siècle dans des chartes tardives et dans les actes du procès des Templiers. Puis, elle a été reprise et popularisée par certains historiens des XIXe et XXe siècles. Elle est aujourd'hui largement répandue. Or, ce grade n'existait pas dans l'ordre et les Templiers eux-mêmes ne semblaient pas l'utiliser. Cependant, dans des textes tardifs apparaissent les qualificatifs de « maître souverain » ou « maître général » de l'ordre. Dans la règle et les retraits de l'ordre, il est appelé Li Maistre et un grand nombre de dignitaires de la hiérarchie pouvaient être appelés ainsi sans l'adjonction d'un qualificatif particulier. Les précepteurs des commanderies pouvaient être désignés de la même façon. Il faut donc se référer au contexte du manuscrit pour savoir de qui l'on parle. En Occident comme en Orient, les hauts dignitaires étaient appelés maîtres des pays ou provinces : il y avait donc un maître en France, un maître en Angleterre, un maître en Espagne, etc. Aucune confusion n'était possible puisque l'ordre n'était dirigé que par un seul maître à la fois, celui-ci demeurant à Jérusalem. Pour désigner le chef suprême de l'ordre, il convient de dire simplement le maître de l'ordre et non grand maître. Durant sa période d'existence, s'étalant de 1129 à 1312, soit 183 ans, l'ordre du Temple a été dirigé par vingt-trois maîtres. Protection des pèlerins et garde de reliquesLa vocation de l'ordre du Temple était la protection des pèlerins chrétiens pour la Terre sainte. Ce pèlerinage comptait parmi les trois plus importants de la chrétienté du Moyen Âge. Il durait plusieurs années et les pèlerins devaient parcourir près de douze mille kilomètres aller-retour à pied, ainsi qu'en bateau pour la traversée de la mer Méditerranée. Les convois partaient deux fois par an, au printemps et en automne. Généralement, les pèlerins étaient débarqués à Acre, appelée aussi Saint-Jean-d'Acre, puis devaient se rendre à pied sur les lieux saints. En tant que gens d'armes (gendarme), les Templiers sécurisaient les routes, en particulier celle de Jaffa à Jérusalem et celle de Jérusalem au Jourdain. Ils avaient également la garde de certains lieux saints : Bethléem, Nazareth, le Mont des Oliviers, la vallée de Josaphat, le Jourdain, la colline du Calvaire et le Saint-Sépulcre à Jérusalem. Tous les pèlerins avaient droit à la protection des Templiers. Ainsi, ces derniers participèrent aux croisades, pèlerinages armés, pour effectuer la garde rapprochée des souverains d'Occident. Aussi, en 1147, les Templiers prêtèrent main forte à l'armée du roi Louis VII attaquée dans les montagnes d'Asie Mineure durant la deuxième croisade (1147-1149). Cette action permit la poursuite de l'expédition et le roi de France leur en fut très reconnaissant. Lors de la troisième croisade (1189-1192), les Templiers et les Hospitaliers assuraient respectivement l'avant-garde et l'arrière-garde de l'armée de Richard Cœur de Lion dans les combats en marche. Lors de la cinquième croisade, la participation des ordres militaires, et donc les Templiers, a été décisive dans la protection des armées royales de Louis IX devant Damiette. L'ordre du Temple a aidé exceptionnellement les rois en proie à des difficultés financières. À plusieurs reprises dans l'histoire des croisades, les Templiers renflouèrent les caisses royales momentanément vides (croisade de Louis VII), ou payèrent les rançons de rois faits prisonniers (croisade de Louis IX). En Orient comme en Occident, l'ordre du Temple était en possession de reliques. Il était parfois amené à les transporter pour son propre compte ou bien convoyait des reliques pour autrui. Les chapelles templières abritaient les reliques des saints auxquelles elles étaient dédiées. Parmi les plus importantes reliques de l'ordre se trouvaient le manteau de saint Bernard, des morceaux de la couronne d'épines, des fragments de la Vraie Croix. Tenues des chapitresUn chapitre (Latin : capitulum, diminutif de caput, sens premier : « tête ») est une partie d'un livre qui a donné son nom à la réunion de religieux dans un monastère durant laquelle étaient lus des passages des textes sacrés ainsi que des articles de la règle. L'usage vient de la règle de saint Benoît qui demandait la lecture fréquente d'un passage de la règle à toute la communauté réunie (RB §66,  . Par extension, la communauté d'un monastère est appelée le chapitre. La salle spécifiquement bâtie pour recevoir les réunions de chapitre est aussi appelée « salle capitulaire », « salle du chapitre », ou tout simplement « chapitre ». La tenue se déroule à huis clos et il est strictement interdit aux participants de répéter ou de commenter à l'extérieur ce qui s'est dit durant le chapitre. Dans l'ordre du Temple, il existait deux types de réunion de chapitre : le chapitre général et le chapitre hebdomadaire. Les TempliersDes hommes de toutes origines et de toutes conditions constituaient le corps du peuple templier à chaque niveau de la hiérarchie. Différents textes permettent aujourd'hui de déterminer l'apparence des frères chevaliers et sergents. L'habitLa reconnaissance de l'ordre du Temple ne passait pas seulement par l'élaboration d'une règle et un nom, mais aussi par l'attribution d'un code vestimentaire particulier propre à l'ordre du Temple. Le manteau des Templiers faisait référence à celui des moines cisterciens. Seuls les chevaliers, les frères issus de la noblesse, avaient le droit de porter le manteau blanc, symbole de pureté de corps et de chasteté. Les frères sergents, issus de la paysannerie, portaient quant à eux un manteau de bure, sans pour autant que ce dernier ait une connotation négative. C'était l'ordre qui remettait l'habit et c'est aussi lui qui avait le pouvoir de le reprendre. L'habit lui appartenait, et dans l'esprit de la règle, le manteau ne devait pas être un objet de vanité. Il y est dit que si un frère demandait un plus bel habit, on devait lui donner le « plus vil ». La perte de l'habit était prononcée par la justice du chapitre pour les frères qui avaient enfreint gravement le règlement. Il signifiait un renvoi temporaire ou définitif de l'ordre. Dans sa bulle Vox in excelso d'abolition de l'ordre du Temple, le pape Clément V indiqua qu'il supprimait « le dit ordre du Temple et son état, son habit et son nom », ce qui montre bien l'importance que l'habit avait dans l'existence de l'ordre. La croix rougeIl semble que la croix rouge n'ait été accordée que tardivement aux Templiers, en 1147, par le pape Eugène III. Il aurait donné le droit de la porter sur l'épaule gauche, du côté du cœur. La règle de l'ordre et ses retraits ne faisaient pas référence à cette croix. Cependant, la bulle papale Omne datum optimum la nomma par deux fois. Aussi est-il permis de dire que les Templiers portaient déjà la croix rouge en 1139. C'est donc sous la maîtrise de Robert de Craon, deuxième maître de l'ordre, que la « croix de gueules » devint officiellement un insigne templier. Il est fort probable que la croix des Templiers ait été issue de la croix de l'ordre du Saint-Sépulcre dont avaient fait partie Hugues de Payns et ses compagnons d'arme. Cette croix rouge était potencée, cantonnée de quatre petites croix appelées croisettes. La forme de la croix des Templiers n'a jamais été fixée. L'iconographie templière la présenta grecque simple, ancrée, fleuronnée ou pattée. Quelle qu'ait été sa forme, elle indiquait l'appartenance des Templiers à la chrétienté et la couleur rouge rappelait le sang versé par le Christ. Cette croix exprimait aussi le vœu permanent de croisade à laquelle les Templiers s'engageaient à participer à tout moment. Il faut cependant préciser que tous les Templiers n'ont pas participé à une croisade. La vie quotidienne « [...] car de notre vie vous ne voyez que l'écorce qui est par dehors. Car l'écorce est telle que vous nous voyez avoir beaux chevaux et belles robes, et ainsi vous semble que vous serez à votre aise. Mais vous ne savez pas les forts commandements qui sont par dedans. Car c'est une grande chose que vous, qui êtes sire de vous-même, deveniez serf d'autrui. » (Extrait de l'article 661 de la règle). La règle de l'ordre et ses retraits nous informent de manière précise sur ce que fut la vie quotidienne des Templiers en Occident comme en Orient. Cette vie était partagée entre les temps de prières, la vie collective (repas, réunions), l'entraînement militaire, l'accompagnement et la protection des pèlerins, la gestion des biens de la maison, le commerce, la récolte des taxes et impôts dus à l'ordre, le contrôle du travail des paysans sur les terres de l'ordre, la diplomatie, la guerre et le combat contre les infidèles. Les Templiers et la guerreLe chevalUn ordre de chevalerie ne va pas sans cheval. Ainsi, l'histoire de l'ordre du Temple fut intimement liée à cet animal. Pour commencer, un noble qui était reçu dans l'ordre pouvait faire don de son destrier, un cheval de combat que les écuyers tenaient à dextre, c'est-à-dire à droite. Après 1140, on comptait de nombreux donateurs de la grande noblesse léguant aux Templiers des armes et des chevaux. Pour équiper son armée, l'ordre du Temple fournissait trois chevaux à chacun de ses chevaliers dont l'entretien était assuré par un écuyer (articles 30 & 31 de la règle). La règle précise que les frères pouvaient avoir plus de trois chevaux, lorsque le maître les y autorisait. Cette mesure visait sans doute à prévenir la perte des chevaux, afin que les frères eussent toujours trois chevaux à disposition. Ces chevaux devaient être harnachés de la plus simple manière exprimant le vœu de pauvreté. Selon la règle (article 37) « Nous défendons totalement que les frères aient de l'or et de l'argent à leur brides, à leurs étriers et à leurs éperons ». Parmi ces chevaux se trouvait un destrier qui était entraîné au combat et réservé à la guerre. Les autres chevaux étaient des sommiers ou bêtes de somme de race comtoise ou percheronne. Ce pouvaient être aussi des mulets appelés « bêtes mulaces ». Ils assuraient le transport du chevalier et du matériel. Il y avait aussi le palefroi, plus spécialement utilisé pour les longs déplacements. Selon les retraits, la hiérarchie de l'ordre s'exprimait à travers l'attribution réglementaire des montures. Les retraits commencent ainsi : « Le maître doit avoir quatre bêtes... » indiquant l'importance du sujet. D'ailleurs, les trois premiers articles du maître de l'ordre (articles 77, 78 et 79) portaient sur son entourage et le soin aux chevaux. On apprend ainsi que les chevaux étaient nourris en mesures d'orge (céréale coûteuse et donnant beaucoup plus d'énergie aux chevaux que la simple ration de foin) et qu'un maréchal-ferrant se trouvait dans l'entourage du maître. Parmi les chevaux du maître se trouvait un turcoman, pur sang arabe qui était un cheval de guerre d'élite et de grande valeur car très rapide. Quatre chevaux étaient fournis à tous les hauts dignitaires : sénéchal, maréchal, commandeur de la terre et du royaume de Jérusalem, commandeur de la cité de Jérusalem, commandeurs de Tripoli et d'Antioche, drapier, commandeurs des maisons (commanderies), turcopolier. Les frères sergents tels que le sous-maréchal, le gonfanonier, le cuisinier, le maréchal-ferrant et le commandeur du port d'Acre avaient droit à deux chevaux. Les autres frères sergents ne disposaient que d'une seule monture. Les turcopoles, soldats arabes au service de l'ordre du Temple, devaient fournir eux-mêmes leurs chevaux. C'était le maréchal de l'ordre qui veillait à l'entretien de tous les chevaux et du matériel, armes, armures et harnais, sans lesquels la guerre n'était pas possible. Il était responsable de l'achat des chevaux (article 103) et il devait s'assurer de leur parfaite qualité. Un cheval rétif devait lui être montré (article 154) avant d'être écarté du service. Les destriers étaient équipés d'une selle à "croce" (à crosse), appelée aussi selle à arçonnière, qui était une selle montante pour la guerre et qui permettait de maintenir le cavalier lors de la charge. Les commanderies du sud de la France, mais aussi celles de Castille, d'Aragon et de Gascogne, étaient spécialisées dans l'élevage des chevaux. Ceux-ci étaient ensuite acheminés dans les États latins d'Orient par voie maritime. Pour cela, ils étaient transportés dans les cales des nefs templières et livrés à la caravane du maréchal de l'ordre qui supervisait la répartition des bêtes selon les besoins. Lorsqu'un Templier mourait ou était envoyé dans un autre État, ses chevaux revenaient à la maréchaussée (article 107). Rares sont les représentations des Templiers. Il nous est cependant parvenu une peinture murale d'un chevalier du Temple en train de charger sur son destrier. Il s'agit d'une fresque de la chapelle de Cressac en Charente, datant de 1170 ou 1180. L'équipement militaireLe noble des XIIe et XIIIe siècles devait se faire confectionner un équipement complet (vêtement et armes) pour être adoubé chevalier. Ce matériel, nécessitant essentiellement des métaux, valait une fortune et pesait environ cinquante kilos. Les chevaliers et sergents templiers devaient disposer d'un tel équipement. La protection du corps était assurée par un écu, une cotte de maille et un heaume. L'écu (ou bouclier) de forme triangulaire, pointe en bas, était fait de bois et recouvert d'une feuille de métal ou de cuir. Il servait à protéger le corps, mais sa taille fut réduite dans le courant du XIIe siècle pour être allégé et donc plus maniable. La cotte de mailles était constituée de milliers d'anneaux en fer d'un centimètre de diamètre entrelacés et parfois rivetés. Cette cotte était constituée de quatre parties : les chausses de mailles attachées à la ceinture par des lanières de cuir, le haubert protégeait le corps et les bras et le camail ou coiffe de mailles. Un mortier ou casquette en cuir était posé sur la tête pour supporter le heaume. Les mains étaient protégées par des gants en mailles appelés gants d'arme (article 325 de la Règle). Il est à noter que le haubert fut raccourci au genou au cours du XIIIe siècle pour être plus léger. Le heaume était sans visière mobile, ou prenait la forme d'un chapeau de fer ne protégeant pas le visage. Le sous-vêtement se composait d'une chemise de lin et de braies. La protection du corps était renforcée par le port de chausses de cuir attachées par des lanières, et un gambison ou gambeson en cuir. Pour finir, le surcot, porté sur la cotte, est aussi appelé jupon d'arme ou cotte d'arme. Il était cousu d'une croix rouge, insigne de l'ordre, devant comme derrière. Il permettait de reconnaître les combattants Templiers sur le champ de bataille comme en tout lieu. Le baudrier, porté autour des reins, était une ceinture spéciale qui permettait d'accrocher l'épée et de maintenir le surcot près du corps. Selon Georges Bordonove, le Templier recevait une épée, une lance, une masse et un couteau lors de sa réception dans l'ordre. Maniée à deux mains, l'épée avait un double tranchant et un bout arrondi. En effet, elle devait être maniée de façon à frapper de "taille", c'est-à-dire avec le tranchant. Elle était pratiquement employée comme une masse d'arme dans la mesure où elle ne pouvait transpercer une cotte de mailles. Toutefois, contre un ennemi qui n'avait pas cette protection, l'épée se révélait plus efficace et plus élégante que la masse. La masse d'arme templière était principalement une masse dite turque aux pointes saillantes. L'épée et les masses servaient à frapper l'ennemi de manière à lui briser les os. Les blessés mouraient alors d'hémorragie interne. La lance était une perche en bois terminée par une pointe en fer forgé appelée tête de fer. Chaque frère détenait trois couteaux dont un couteau d'arme, un autre "de pain taillé" qui servait à manger et un canif à lame étroite. Le drapeauLe drapeau de l'ordre du Temple était appelé le gonfanon baucent. Baucent, qui signifie bicolore, avait plusieurs graphies : baussant, baucent ou balcent. C'était un rectangle vertical composé de deux bandes, l'une blanche et l'autre noire, coupées au tiers supérieur. Porté en hauteur au bout d'une lance, il était le signe de ralliement des combattants templiers sur le champ de bataille, protégé en combat par une dizaine de chevaliers. Celui qui en était responsable était appelé le gonfanonier. Selon la circonstance, le gonfanonier désignait un porteur qui pouvait être un écuyer, un soldat turcopole ou une sentinelle. Le gonfanonier chevauchait devant et conduisait son escadron sous le commandement du maréchal de l'ordre. Le gonfanon devait être visible en permanence sur le champ de bataille et c'est pourquoi il était interdit de l'abaisser. Ce manquement grave au règlement pouvait être puni par la sanction la plus sévère, c’est-à-dire la perte de l'habit qui signifiait le renvoi de l'ordre. Selon l'historien Georges Bordonove, lorsque le gonfanon principal tombait parce que son porteur et sa garde avaient été tués, le commandeur des chevaliers déroulait un étendard de secours et reprenait la charge. Si celui-ci venait à disparaître à son tour, un commandeur d'escadron devait lever son pennon noir et blanc et rallier tous les Templiers présents. Si les couleurs templières n'étaient plus visibles, les Templiers survivants devaient rejoindre la bannière des Hospitaliers. Dans le cas où celle-ci était tombée, les Templiers devaient rallier la première bannière chrétienne qu'ils apercevaient. Le saint patronLe saint patron et protecteur des Templiers était saint Georges, le saint chevalier. Il était également le patron de l’ordre Teutonique et plus généralement de tous les chevaliers chrétiens. Son tombeau est vénéré à Lydda en Israël. Les Templiers vus par leurs ennemisLes croisés dans leur ensemble étaient perçus par les Arabes comme des barbares, ignorants et puérils. Au début du XIIe siècle, les Templiers se révélèrent être les combattants les plus redoutables que durent affronter les Arabes. Cependant, en dehors du champ de bataille, on note qu'une certaine tolérance religieuse les animait. En 1140, l'émir et chroniqueur Oussama ibn Mounqidh, par ailleurs ambassadeur auprès des Francs, se rendit à Jérusalem. Il avait l'habitude d'aller à l'ancienne mosquée al-Aqsa, « lieu de résidence de mes amis les Templiers ». L'émir rapporta une anecdote pendant laquelle les Templiers prirent ouvertement sa défense lors de la prière. Alors que la façon de prier des musulmans était à la fois inconnue et incomprise des Francs nouvellement arrivés en Orient, les Templiers, eux, faisaient respecter ce culte, même si celui-ci était qualifié d'infidèle. Quelques années plus tard, en 1187, lors de la bataille de Hattin, le chef musulman Saladin fit décapiter au sabre, sur place et en sa présence, près de deux cent trente Templiers prisonniers. Le secrétaire particulier de Saladin concluait en parlant de son maître : « Que de maux il guérit en mettant à mort un Templier ». En revanche, les chefs militaires arabes épargnaient les maîtres de l'ordre prisonniers parce qu'ils savaient que dès qu'un maître mourait, il était immédiatement remplacé. Les Templiers et l'argentLe financementLes Templiers devaient exercer une activité économique, commerciale et financière pour payer les frais inhérents au fonctionnement de l'ordre et les dépenses de leurs activités militaires en Orient. Cependant, il ne faut pas confondre cette activité avec celle de la banque. L'usure, c'est-à-dire une tractation comportant le paiement d'un intérêt, était interdite par l'Église aux chrétiens et de surcroît aux religieux. Comme le dit l'Ancien Testament : « Tu n'exigeras de ton frère aucun intérêt ni pour l'argent, ni pour vivres, ni pour aucune chose qui se prête à intérêt. » Les Templiers prêtaient de l'argent à toutes sortes de personnes ou institutions : pèlerins, croisés, marchands, congrégations monastiques, clergé, rois et princes... Le montant du remboursement était parfois supérieur à la somme initiale lorsqu'il pouvait être camouflé par un acte de changement de monnaie. C'était une façon courante de contourner l'interdit. La lettre de changeL’activité financière de l'ordre prévoyait que les particuliers pussent déposer leurs biens lors d'un départ en pèlerinage vers Jérusalem, Saint-Jacques de Compostelle ou Rome. Les Templiers inventèrent ainsi le bon de dépôt. Lorsqu'un pèlerin confiait aux Templiers la somme nécessaire à son pèlerinage, le frère trésorier lui remettait une lettre sur laquelle était inscrite la somme déposée. Cette lettre manuscrite et authentifiée prit le nom de lettre de change. Le pèlerin pouvait ainsi voyager sans argent sur lui et se trouvait plus en sécurité. Arrivé à destination, il récupérait auprès d'autres Templiers l'intégralité de son argent en monnaie locale. Les Templiers ont mis au point et institutionnalisé le service du change des monnaies pour les pèlerins. Le trésor de l'ordreIl s'agissait d'un coffre fermé à clé dans lequel étaient gardés de l'argent, des bijoux, mais aussi des archives. Ce coffre-fort était appelé huche. Le maître de l'ordre à Jérusalem en effectuait la comptabilité avant que celle-ci ne fût transférée à la fin du XIIIe siècle au trésorier de l'ordre. Trois articles des retraits de la règle nous renseignent sur le fonctionnement financier de l'ordre. Le maître pouvait autoriser le prêt d'argent (sans intérêt) avec ou sans l'accord de ses conseillers selon l'importance de la somme. Les revenus provenant des commanderies d'Occident étaient remis au trésor du siège de l'ordre à Jérusalem. Tous les dons en argent de plus de cent besants étaient concentrés dans le trésor de l'ordre. Les commanderies de Paris ou de Londres servaient de centres de dépôts pour la France et l'Angleterre. Chaque commanderie pouvait fonctionner grâce à une trésorerie conservée dans un coffre. Au moment de l'arrestation des Templiers en 1307, il a été retrouvé un seul coffre important, celui du visiteur de France, Hugues de Pairaud. L'argent qu'il contenait a été confisqué par le roi et a immédiatement rejoint les caisses royales. Le patrimoine des TempliersL'ordre du Temple possédait principalement deux types de patrimoines bâtis : des monastères appelés commanderies situés en Occident et des forteresses situées au Proche-Orient et dans la péninsule ibérique. La maison du Temple de JérusalemLa maison du Temple à Jérusalem fut le siège central de l'ordre depuis sa fondation en 1129 jusqu'en 1187, date de la chute de la ville sainte reprise par Saladin. Le siège central fut alors transféré à Acre, ville portuaire du royaume de Jérusalem. À la perte de la ville par les chrétiens en 1291, le siège de l'ordre fut à nouveau transféré dans la terre chrétienne la plus proche, l'île de Chypre. C'est à Chypre que vivait Jacques de Molay, le dernier maître de l'ordre avant son retour en France pour y être arrêté. Le siège de l'ordre n'a jamais été installé en Occident. Les commanderiesUne commanderie était un monastère dans lequel vivaient les frères de l'ordre en Occident. Elle servait de base arrière afin de financer les activités de l'ordre en Orient et d'assurer le recrutement et la formation militaire et spirituelle des frères de l'ordre. Elle s'est constituée à partir de donations foncières et immobilières. Le terme préceptorie, est à tort employé: « ...Il est donc absurde de parler de "préceptorie" alors que le mot français correct est "commanderie"; et il est de plus ridicule de distinguer deux structures différentes, préceptorie et commanderie... » La plupart des biens possédés par l'ordre du Temple provenaient de dons ou de legs. Dans les premières années de sa création, les dons fonciers ont permis à l'ordre de s'établir partout en Europe. Puis, il y a eu trois grandes vagues de donations de 1130 à 1140, de 1180 à 1190 et de 1210 à 1220. Tout d'abord, on peut noter que tous les hommes qui entraient dans l'ordre pouvaient faire le don d'une partie de leurs biens au Temple. Ensuite, les dons pouvaient provenir de toutes les catégories sociales, du roi au laïc. Par exemple, le roi Henri II d'Angleterre céda au Temple la maison forte de Sainte-Vaubourg et son droit de passage sur la Seine au Val-de-la-Haye, en Normandie. Un autre exemple que l'on peut citer est le don fait en 1255 par le chanoine Étienne Collomb de la cathédrale Saint-Étienne d'Auxerre d'un cens perçu dans le bourg de Saint-Amâtre. Selon Georges Bordonove, on peut estimer le nombre de commanderies templières en France à 700. La qualité de ces vestiges est très diverse aujourd'hui. Très peu ont pu garder intégralement leurs bâtiments. Certaines commanderies ont été totalement détruites et n'existent plus qu'à l'état archéologique, ce qui est le cas par exemple de la commanderie de Payns dans le fief du fondateur de l'ordre. En France, trois commanderies ouvertes au public présentent un ensemble complet : pour le nord, la commanderie de Coulommiers, en région centre se trouve la commanderie d'Arville et au sud la commanderie de La Couvertoirade. La fin des TempliersLa dissolution de l'ordre lors du concile de Vienne et ensuite la mort de Jacques de Molay marquèrent la fin définitive de l'ordre du Temple. Les biens templiers, en particulier les commanderies, furent reversés par la bulle papale Ad Providam en majeure partie à l'ordre de l'Hôpital, sauf dans le royaume de Valence où ils passèrent au nouvel ordre de Montesa, fondé en 1317, et au Portugal où ils passèrent à l'ordre du Christ, fondé en 1319 (ordre du Christ dont on verra la croix sur les voiles des navires de Christophe Colomb lors de sa traversée de l'Atlantique en 1492). Ces deux ordres sont les seuls "successeurs légitimes du Temple", mais leur caractéristique nationale commune empêche de les considérer comme de réelles survivances (l'ordre du Temple ayant cette caractéristique d'être international). La nationalisation de l'administration financière du royaume, voulue alors par le roi afin de ne plus dépendre de personnes étrangères (que ce soit des lombards, des juifs ou des templiers, ces derniers échappant à la sphère du pouvoir royal) fut une autre conséquence de la disparition de l'ordre. Cette dernière conséquence rentrait dans le cadre du renforcement du pouvoir de l'État, via la personne royale, processus qui fut une pièce maîtresse du règne de Philippe le Bel. La fin tragique des Templiers a contribué à générer des légendes à leur sujet. Celles-ci vont des rumeurs au sujet de leur association avec le Saint-Graal, jusqu'aux interrogations à propos de leurs liens éventuels avec les francs-maçons. De plus, certains groupements ou sociétés secrètes, tels que la Rose-Croix ou encore certaines sectes, telles que l'ordre du Temple solaire (et ses survivances, comme le Collège Templier) ou l'Ordo Templi Orientis, se réclameront par la suite de l'ordre, affirmant leur filiation en s'appuyant sur une pseudo-survivance de l'ordre ou en usurpant l'habit templier et en reprenant certains rites |
|  | | Julien Seigneur de l'absolu


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 | Sujet: Re: Où l'on présente les différentes communautés du jeu Jeu 11 Aoû - 23:02 | |
| Il est tout naturel désormais de présenter des acteurs souvent dans l'ombre mais ô combien efficaces: les assassins. C'est encore Malik qui en parle le mieux Les Assassins Ou secte des BâtinisLes Nizâriens, Nizârites, Nizaris sont une communauté mystique (chiite ismaélienne) active depuis le XIe siècle. Ils sont aussi appelés Bâtinîs ou Batiniens car il professent une lecture ésotérique du Coran, le bâtin étant le côté secret des choses. En 1094, à la suite d'une scission importante dans le chiisme ismaélien fatimide, une nouvelle prédication (da‘wa al-jadîda) fut organisée par Hasan-i Sabbâh, à partir du fort érigé sur le mont Alamut, au sud-ouest de la mer Caspienne. À la fin du Moyen Âge, le développement de la communauté ismaélienne se poursuivit clandestinement sous le couvert du soufisme et a coïncidé avec l'essor de l’ismaélisme oriental (vingt-cinq millions de fidèles de nos jours), avec à leur tête l'Aga Khan. OrigineÀ l'origine, ceux qu'on appelle les Nizâriens ne sont que les adeptes de l'ismaélisme en Perse, c'est-à-dire une communauté chiite minoritaire dans une région sous la tutelle de vizirs sunnites. Sous la direction de leur chef charismatique Hassan-i Sabbâh, parfois surnommé « le Vieux de la Montagne », les ismaéliens prennent le contrôle du fort d'Alamût en 1090 et étendent leur influence en Iran ainsi qu'en Syrie. Après la mort du calife fatimide Mustansir Billâh, en 1094, une grave scission se produisit dans la communauté ismaélienne au sujet de la succession à l'imamat. Al-Mustansir aurait, selon la tradition Nizârite, désigné son fils Nizâr comme héritier; par contre son jeune fils Ahmad gagna l'appui de son beau-père, le vizir Al-Afdhal qui le plaça sur le trône avec le titre d'al-Musta‘lî. Hasan-i Sabbâh et les ismaéliens de Perse firent allégeance à Nizâr et sa descendance. Les ismaéliens s'emparèrent de la forteresse de Qadmûs (La Cademois pour les croisés) dans la région du Jabal Bahrâ‘ en 1132; Masyâf, la place forte la plus importante fut prise en 1140-1141. C'est ainsi que les ismaéliens nizâriens de Syrie furent dirigés par des délégués envoyés par les Seigneurs d'Alamût; le plus célèbre d'entre eux était Rachid ad-Din Sinan (1162-1192) qui dirigea la prédication (da‘wa) ismaélienne en Syrie. Selon la version ismaélienne, l'imam Nizâr, après s'être réfugié en Alexandrie, fut attaqué à plusieurs reprises par le vizir Al-Malik al-Afdhal. Finalement l'armée d'Al-Afdhal arrêta Nizâr et son gouverneur, et ils furent menés devant al-Musta‘lî. Le gouverneur fut tué sur le champ et l'imâm Nizâr mourut emprisonné en 1097. Avant de mourir, Nizâr désigna son fils al-Hâdî pour lui succéder au trône de l'imamat et ce dernier rejoignit Hasan ibn Sabbâh à Alamût. L’Empire fatimide était très affaibli par la crise économique et le manque d’unité parmi les ismaéliens. De plus, le pouvoir militaire entre les mains initialement du vizir Badr al-Jamâlî (un ancien esclave arménien) puis de son fils Al-Afdhal, commençait à décliner, alors que le pouvoir à Alamût subsistera jusqu'au XIIIe siècle. Selon Wladimir Ivanow et Henry Corbin, le petit-fils de Nizâr (al-Muhtadî ?) était amené à la forteresse d'Alamût par Hasan ibn Sabbâh, qui dirigea la campagne nizârienne au nom de l'imam. La situation était analogue à la période de clandestinité (dawr al-satr), qui prévalait avant la montée des fâtimides, car les imâms restaient cachés (mastûr) à la vue du public pour éviter les persécutions dont ils étaient l’objet. Cette période de l'histoire est très confuse, car nous avons très peu de sources historiques ismaéliennes, la majorité des documents disponibles sont ceux écrits par les historiens sunnites, les plus âpres adversaires des ismaéliens nizâriens. Ces derniers croient que la descendance de Nizâr a survécu mais elle est demeurée cachée du public pour éviter les persécutions. Durant cette période d’incertitude Hasan-i Sabbâh était le représentant officiel qui entretenait une relation privilégiée avec l’imam pour mener la communauté à travers cette période turbulente. Ainsi les historiens sunnites, ‘Atâ-Malik Juwaynî (gouverneur de Bagdad), Rashid al-din Fadl Allah et l'auteur du livre intitulé Sargudhasht-i Sayyidnâ nous ont rapporté une version partielle et non objective de l'ismaélisme qui s’est développé à Alamût. Hasan ibn Sabbâh était à la fois un homme politique et religieux. Selon Christian Jambet, « il créa un réseau de forteresses, permettant de contrôler le territoire alentour, réseau qui, consolidé à partir de 1124 par son successeur Kiya Buzurg-Ummîd, comprenait des zones telles le Rudbar avec Alamût, centre de la nouvelle convocation, le Daylam et la région de Qazvin, le fief de Gerdkuh plus à l'est, non loin de Damghan, la région de Ray, quelques positions au Khuzestan, une forte implantation au Quhistan, entre Nichapur et Qâ’in. » . Les régions appartenant aux ismaéliens nizâriens faisaient face aux différentes attaques de l’armée Saljûqs, de plus les Abbassides voulaient isoler les nizâriens afin de les faire disparaître de la région. Le fils de Kiyâ Buzurg-Ummîd, Muhammad II, entreprit en 1138 à consolider le petit territoire nizârien, jusqu’à sa mort en 1162. Par la suite, comme la période était plus favorable et plus paisible, l’imâm Hasan ‘Alâ Dhikrihi al-Salâm, le descendant légitime de Nizâr, assuma pleinement la responsabilité l’administration de l’État nizârien. La « Grande Résurrection »En 1162, Hasan II succède à son père (al-Qâhir). Il va totalement bouleverser les conceptions religieuses nizâriennes. Le 8 août 1164, il proclama la «Résurrection des Résurrections» (Qiyâmât al-Qiyâmât) devant une assemblée de croyants réunis à Alamût. Cette proclamation initiait les croyants au sens caché (bâtin) de la révélation afin de dévoiler la vérité (haqîqat), elle avait pour conséquence la levée de la loi religieuse (charia), non pas en l’abolissant mais en la considérant comme une étape préliminaire avant de la parachever avec la signification intérieure. Le cycle prophétique de Mahomet désormais achevé, les imâms avaient pour mission de dévoiler le sens caché, en expliquant la dimension intérieure du Coran, en allant au sens premier, c’est-à-dire à la source de la révélation. Le règne de Hasan ‘Alâ Dhikrihi al-Salâm fut bref, il est tué par blessure en 11665. Son successeur l'imâm Nûr al-dîn Muhammad poursuivit cette mission spirituelle jusqu'en 1210. L’imâm suivant Jalâl al-dîn Hasan proclama que la communauté entrait à nouveau dans une période de clandestinité (satr). Hasan III mit plus d’emphase sur la sharî‘a afin d'établir de bonnes relations avec les sunnites, cela lui permit d'acquérir de nouveaux territoires. Son fils Muhammad III donna un peu moins d'importance à la sharî‘a, il restructura la doctrine et la pratique de la dissimulation de la foi (taqiyya) fut rétablie pour entrer de nouveau en période de clandestinité (satr). Les Nizâriens et les Croisés en SyrieSelon Isabelle Baudron, les relations entre les Templiers et les ismaéliens d'Alamût sont attestées dans la chronique de Jean de Joinville, biographe de saint Louis. L'auteur rapporte la visite du Vieux de la Montagne, chef des nizâriens, à Acre. Il est alors reçu par le roi Louis IX. Au-delà de cette rencontre, il y a un échange de cadeaux entre les deux souverains, rendu possible par un frère prêcheur breton qui parlait l'arabe. Plusieurs fois, les nizâriens ont rendu visite aux croisés à Acre et notamment aux Hospitaliers. Le Vieux de la Montagne avait demandé l'aide de saint Louis contre les Mongols qui envahissaient la Perse (et qui finirent par prendre Alamût) (Voir le récit haut en couleur de la rencontre entre les émissaires d'Alamût et saint Louis). Le déclinL'État ismaélien à Alamût prit fin au XIIIe siècle avec l'invasion des Mongols dirigée par le conquérant Houlagou Khan. Rukn al-Din Khûrshâh fut assassiné au cours de cette invasion vers 1255-56. L'ismaélisme nizârien se perpétua en Perse, caché sous le manteau du soufisme ; un début d'émigration vers l'Inde s'amorça. Néanmoins en Syrie au début du XIVe siècle, le voyageur Ibn Battuta rapporte : « Je quittai cette ville, et je passai par le château de Kadmoûs, puis par celui de Maïnakah, celui d’Ollaïkah, dont le nom se prononce comme le nom d’unité d’ollaïk, et celui de Misyâf, et enfin par le château de Cahf. Ces forts appartiennent à une population qu’on appelle Elismâïliyah ; on les nomme aussi Elfidâouiyah; et ils n’admettent chez eux aucune personne étrangère à leur secte. Ils sont, pour ainsi dire, les flèches du roi Nâcir, avec lesquelles il atteint les ennemis qui cherchent à lui échapper en se rendant dans l’Irâk, ou ailleurs. Ils ont une solde ; et quand le sultan veut envoyer l’un d’eux pour assassiner un de ses ennemis, il lui donne le prix de son sang ; et s’il se sauve après avoir accompli ce qu’on exigeait de lui, cette somme lui appartient ; s’il est tué, elle devient la propriété de ses fils. Ces Ismaéliens ont des couteaux empoisonnés, avec lesquels ils frappent ceux qu’on leur ordonne de tuer. » Doctrine du Ta‘limSouvent défini comme l'enseignement de l'Imâm, la doctrine du ta‘lîm fut développée plus particulièrement par Hasan-i Sabbâh. Al-Ghazali utilisa le mot de ta‘lîmiyya pour désigner les Ismaéliens afin de les attaquer avec une hostilité spécialement violente dans son traité Kitâb al-Mustazhirî. Les Ismaéliens en général ne suivent pas le sens littéral du Qur'ân, mais beaucoup plus le sens ésotérique (bâtin) qui est donné par l'Imâm; cet enseignement est appelé communément (ta‘lîm). Ainsi les Ismaéliens accordent beaucoup d'importance à l'exégèse spirituelle (ta'wîl) qui consiste à découvrir le sens caché derrière le zâhir. Le ta'wîl donné par l'Imâm éclaircit les versets allégoriques du Coran et donne le sens ésotérique des réalités transcendantales (haqâ'iq). Grâce à cet enseignement ta‘lîm le croyant (murîd) a l'opportunité de connaître et de s'unir à la Déité. La Charia|sharî`a dans le sens de religion littérale est néanmoins utile dans l'ismaélisme elle constitue la première étape de l'initiation. Comme l'Imâm est Sâmit (Silencieux) ce n'est pas lui qui enseigne les mustajîbs (néophytes), c'est le Hujja qui transmet la ta‘lîm de l'Imâm. Grâce à son inspiration divine (ta'yîd) et son raisonnement pur (‘aqlânî) le Hujja est capable de transmettre l'enseignement de l'Imâm à l'adepte. L'homme laissé à lui-même est incapable de percevoir les réalités spirituelles, car celui-ci à tendance à associer à la Déité des qualités anthropomorphiques. Durant le Cycle d'épiphanie (Dawr al-kashf) où l'Imâm se manifeste intégralement; le zâhir et le bâtin sont en concomitance; les adeptes connaissent le bâtin du zâhir, la présence du Hujja n'est donc plus nécessaire. Il n'y a donc plus de ta‘lîm. " Assassins" Le mot apparaît en Europe au moment de la rencontre entre les Croisés et le monde musulman, au Moyen Orient. En 1175, un rapport d'un envoyé de l'empereur Frédéric Barberousse en Égypte et Syrie note : "Sachez, qu'aux confins de Damas, d'Antioche et d'Alep, il existe dans les montagnes une certaine race de Sarrasins qui, dans leur dialecte, s'appellent Heyssessini, et en romain, segnors de montana. Cette race d'hommes vit sans lois; ils mangent de porc contre les lois des Sarrasins et disposent de toutes les femmes, sans distinction, y compris leurs mère et sœurs. Ils vivent dans les montagnes et sont presque inexpugnables car ils s'abritent dans des châteaux bien fortifiés. [...] Ils ont un maître qui frappe d'une immense terreur tous les princes sarrasins proches ou éloignés, ainsi que les seigneurs chrétiens voisins, car il a coutume de les tuer d'étonnante manière. [...] De leur prime jeunesse jusqu'à l'âge d'homme, on apprend à ces jeunes gens à obéir à tous les ordres et à toutes les paroles du seigneur de leur terre qui leur donnera alors les joies du paradis parce qu'il a pouvoir sur tous les dieux vivants. On leur apprend également qu'il n'y a pas de salut pour eux s'ils résistent à sa volonté. [...] Alors, comme il leur a été appris et sans émettre ni objection ni doute, ils se jettent à ses pieds et répondent avec ferveur qu'ils lui obéiront en toutes choses qu'il donnera. Le prince donne alors à chacun un poignard d'or et les envoie tuer quelque prince de son choix." Ce récit se faisait probablement l'écho de ceux des musulmans sunnites opposés à la secte, encore inconnue pour les chrétiens. Quelques années plus tard, c'est l'évêque Guillaume de Tyr qui écrira sur eux :"Le lien de soumission et d'obéissance qui unit ces gens à leur chef est si fort qu'il n'y a pas de tâche si ardue, difficile ou dangereuse que l'un d'entre eux n'accepte d'entreprendre avec le plus grand zèle à peine leur chef l'a-t-il ordonné. S'il existe, par exemple, un prince que ce peuple hait ou dont il se défie, le chef donne un poignard à un ou plusieurs de ses affidés. Et quiconque a reçu l'ordre d'une mission l'exécute sur-le-champ, sans considérer les conséquences de son acte ou la possibilité d'y échapper. Empressé d'accomplir sa tâche, il peine et s'acharne aussi longtemps qu'il faut jusqu'à ce que la chance lui donne l'occasion d'exécuter les ordres de son chef. Nos gens comme les Sarrasins les appellent Assissini ; l'origine de ce nom nous est inconnue." En 1192, après les meurtres de princes et d'officiers musulmans, tombe sous leurs coups de poignards le premier chrétien : Conrad de Montferrat, roi du royaume latin de Jérusalem. Ce meurtre va marquer les esprits des Croisés et faire passer le surnom donné à la secte dans le langage courant. Il faudra les recherches historiographiques, à partir du XIXe siècle, pour sortir le Vieux de la Montagne et ses partisans des récits moyenâgeux et comprendre l'histoire de cette branche de la religion musulmane |
|  | | Julien Seigneur de l'absolu


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 | Sujet: le Royaume de Jérusalem Mer 17 Aoû - 13:18 | |
| Il est important de comprendre la situation géopolitique de cette époque, en présentant les Terres Saintes pris par les Occidentaux lors de la 1ère croisade et appelés États Latins d'Orient. Le plus important de des états était bien entendu le Royaume de Jérusalem, bande de terre où se déroula l'ensemble des épîtres de Miles Christi. Ces états étaient dirigés par les barons chériens donc beaucoup étaient Francs, c'est pourquoi je présente le Royaume de Jérusalem dans les communautés du jeuLe royaume de Jérusalem était un royaume chrétien créé en Orient en 1099 lors de la première croisade. Il s'agit de l’État latin d'Orient le plus méridional. Le royaume, à partir du règne de Baudouin Ier, s’étend sur la Palestine, dominant le littoral de Gaza et Daron jusqu'à Beyrouth. Vers l’intérieur, le royaume va jusqu’à la vallée du Jourdain. Plus tard, l’autre rive du Jourdain sera occupée jusqu’à la mer Rouge, formant la terre d’Outre-Jourdain. Composition féodaleLe royaume de Jérusalem se partageait en un domaine royal et quatre fiefs principaux. Ces fiefs principaux, ainsi que le domaine royal, avaient eux-mêmes des vassaux. Les principaux fiefs du royaume de Jérusalem étaient : • le comté de Jaffa, • la seigneurie d'Outre-Jourdain, • la principauté de Galilée, ou de Tibériade, • le comté de Sidon Il y eut également quelques seigneuries détachées du domaine royal : • la seigneurie d'Acre • la seigneurie de Tyr Armoiries Selon la tradition, ce blason est volontairement à enquerre (il contrevient aux règles héraldiques en disposant un métal directement sur un autre métal), pour mieux marquer le prestige tout particulier de ce royaume. HistoireLe royaume à JérusalemLe royaume de Jérusalem est né de la Première croisade et de la prise de Jérusalem (15 juillet 1099). Godefroy de Bouillon en fut le premier souverain, mais se contenta du titre d’Avoué du Saint-Sépulcre. Il fallut d’abord combattre une première contre-attaque fatimide, qui fut battue à Ascalon le 12 août 1099. Le royaume se limitait aux villes de Jérusalem et Bethléem, du port de Jaffa et de la route reliant Jérusalem et Jaffa. Plusieurs chefs croisés quittèrent la ville sainte, soit pour se tailler des principautés, soit pour rentrer en Europe. Il ne restait plus que Godefroy, Tancrède de Hauteville et trois cents chevaliers. Tancrède conquit la plaine de Galilée et fonda la principauté de Galilée. Godefroy mourut le 18 juillet 1100. Se posa alors la question du statut juridique du nouvel état, liée à celle de la succession. Daimbert de Pise, patriarche de Jérusalem, souhaitait un état théocratique et appela son allié Bohémond, prince d'Antioche. Mais celui-ci venait d’être fait prisonnier par les Turcs et Baudouin, comte d'Edesse et frère de Godefroy, se présenta. Daimbert fut obligé de l’accepter, puis de le sacrer roi de Jérusalem. Baudouin Ier passa son règne à conquérir le littoral et à repousser les contre attaques islamiques. Il réussit à faire reconnaître la suzeraineté du royaume de Jérusalem sur les autres États latins d'Orient. Il mourut en 1118 et les seigneurs du royaume lui choisirent comme successeur Baudouin du Bourg, comte d’Édesse et cousin de Baudouin Ier. Baudouin II renforça la présence franque en Terre Sainte et remporta plusieurs victoires, mais ne put s’emparer de la Syrie intérieure, les villes d’Alep et de Damas restant aux musulmans. Les succès de la première croisade étaient principalement dus aux divisions des musulmans. Foulque d'Anjou, successeur de Baudoin II, parvint à maintenir cet équilibre, mais la Syrie musulmane commençait à s'unifier sous la férule de Nur ad-Din. La deuxième croisade n'eut aucun résultat positif, les croisés ayant attaqué Damas, le seul émirat allié aux Francs. Les règnes de Baudouin III et d'Amaury Ier sont marqués par la recherche d'alliances auprès de Byzance et de l'Égypte fatimide, mais cette dernière action se solda par un échec qui contribua à l'hégémonie de Saladin sur la Syrie et l'Égypte réunies, prenant le royaume en tenaille. Baudouin IV le Lépreux, puis Raymond III de Tripoli, régent au nom de Baudouin V, réussirent à tenir Saladin en échec, mais le comportement de Renaud de Châtillon et l'avènement de Guy de Lusignan amenèrent la catastrophe : l'armée franque fut vaincue à Hattin (4 juillet 1187), le roi fait prisonnier, et Saladin entreprit rapidement la conquête des États latins d'Orient. Le royaume de Jérusalem se réduisit bientôt au port de Tyr, le comté de Tripoli se réduisit à la ville de Tripoli, au château de Tortose et au Krak des Chevaliers, et la principauté d'Antioche à Antioche et à Marqab. C'est de Tyr que vint la contre-attaque. Conrad de Montferrat, un homme énergique et résolu, oncle de Baudouin V, y avait débarqué en juillet 1187, mit la ville en état de défense, et repoussa les attaques de Saladin. Pour contrebalancer cette réaction, Saladin délivra Guy de Lusignan, mais Conrad refusa à ce dernier l'entrée de Tyr. Tandis que Conrad épousait Isabelle de Jérusalem pour faire valoir des droits au trône, Guy de Lusignan se mit à assiéger Acre. Ce siège dura deux ans, les Francs de Lusignan se retrouvant à leur tour assiégés par une armée de secours de Saladin, et en proie à la rivalité entre partisans de Guy et partisans de Conrad. Ce n'est qu'à l'arrivée de la troisième croisade, conduite par Philippe II Auguste et Richard Cœur de Lion, que la ville put être prise. Philippe Auguste rentra en France, mais Richard resta, fit la conquête de la bande côtière et négocia avec Saladin une paix garantissant aux pèlerins chrétiens l'accès à Jérusalem. Sous la pression des barons, il se résigna à reconnaître Conrad roi de Jérusalem, installant Guy de Lusignan sur le trône de Chypre qu'il venait de prendre aux Byzantins. Le royaume à Saint-Jean-d'AcreJérusalem était perdue, mais le royaume garda le nom de royaume de Jérusalem, et son siège fut installé à Saint-Jean-d'Acre. Conrad de Montferrat, son nouveau roi, fut assassiné peu après. Se succédèrent alors les deux maris suivants d'Isabelle, Henri II de Champagne, puis Amaury II de Lusignan, frère de Guy de Lusignan et roi de Chypre. Il parvint à reprendre plusieurs ports et à reconstituer le royaume tout le long du littoral, de Jaffa à Beyrouth. À sa mort, ce fut Marie de Montferrat qui lui succéda, sous la régence de Jean d'Ibelin, le « vieux seigneur de Beyrouth ». Lorsque Marie eut dix-neuf ans, Jean d'Ibelin la maria à Jean de Brienne. En 1218, celui-ci lança une expédition en Égypte dans le but de négocier la restitution de Jérusalem. Le 5 novembre 1219, il prit Damiette, et le sultan d'Égypte était disposé à échanger la ville contre Jérusalem. Le légat Pélage Galvani s'y opposa et marcha sur Le Caire au moment de la crue du Nil. L'expédition tourna ainsi à la catastrophe et les succès de l'opération furent réduits à néant. Pour obtenir des secours de l'Occident, Jean de Brienne maria en 1225 sa fille Isabelle II à l'empereur romain germanique Frédéric II de Hohenstaufen, lequel l'écarta du trône. Frédéric II, bien qu'ayant réussi à récupérer Jérusalem par traité, mécontenta les barons et la « guerre des Lombards » éclata entre les impériaux et les barons. Ce n'est qu'en 1232 que les barons l'emportèrent, ne laissant aux impériaux que la ville de Tyr qui fut prise en 1243. Tout en maintenant la fiction des rois Hohenstaufen, les barons organisèrent un gouvernement collégial, dirigé par Jean d'Ibelin, puis par son fils Balian, mais l'anarchie s'installa. Jérusalem fut reprise par les musulmans en 1244. Saint Louis vint à la tête d'une croisade, mais fut fait prisonnier à Damiette. Après sa libération, il gouverna le royaume de 1250 à 1254 et le réorganisa, mais l'anarchie revint après son départ, aggravée par les rivalités entre les Gênois et les Vénitiens (guerre de Saint-Sabas), la double prétention au trône de Hugues III de Chypre et de Charles d'Anjou. Pendant ce temps, le sultan mamelouk Baybars reprenait petit à petit les différentes places fortes du royaume. La dernière place forte franque fut Saint-Jean-d'Acre, qui fut prise le 28 mai 1291. Le roiLe royaume de Jérusalem fut tout d'abord une monarchie élective : Godefroi de Bouillon, Baudouin Ier et Baudouin II ont été désignés de cette manière. Mais les barons prirent rapidement l'habitude de choisir le roi dans la famille royale, au point qu'après le règne de Frédéric II, et malgré l'absence du souverain et le rejet des Hohenstaufen, la fiction des rois Hohenstaufen fut établie. Cette double nature de la succession, élective et héréditaire, permit l'élection de Baudouin V, afin d'écarter Guy de Lusignan du trône, et le maintien sur le trône de Jean de Brienne, veuf de Marie de Montferrat, alors que l'héritière était une fille âgée de trois ans. La noblesse et la Haute-CourContrairement à de nombreux pays d'Europe, la puissance féodale s'est d'abord établie, chaque croisé noble cherchant à se tailler un fief en Terre Sainte, transposant ainsi le système féodal en Orient, et ce ne fut qu'ensuite que la nécessité de coordonner les opérations militaires établit l'institution monarchique. De ce fait, la véritable souveraineté ne réside pas dans le roi, mais dans le corps de la noblesse réunie en assemblée sous le nom de Cour des Liges ou Haute Cour. Composée au départ des vassaux direct de la Couronne, elle fut augmentée en 1162 des arrières vassaux. Elle dispose d'une autorité souveraine supérieure à celle du roi, qui n'a que le pouvoir militaire. Avant d'être reconnu et sacré, le roi devait prêter le serment de respecter les coutumes et les Assises du royaume. Les cours judiciairesLa Haute Cour est aussi chargée de régler les litiges intéressant les nobles. D'autres cours jugeaient des affaires concernant le reste de la population : • la Cour des Bourgeois, pour juger les hommes libres de naissance roturière et de langue latine. Elle est composée de douze jurés ou notables, et présidée par le vicomte de Jérusalem. • la Cour du Raïs, pour juger les indigènes syriaques, composée de jurés indigènes et présidée par le raïs, un fonctionnaire indigène. Certaines institutions judiciaires respectent les usages locaux : la cour du raïs (chef de village) peut juger des causes mineures concernant les indigènes et la cour de la Fonde est un tribunal mixte jugeant les causes commerciales ou celles qui concernent les Syriens. En revanche, la cour de la Chaîne qui juge les procès maritimes, la cour des Bourgeois ou la Haute Cour, qui juge les nobles, sont composées uniquement de Francs. ÉconomieLes rois de Jérusalem possèdent, au XIIe siècle, quatre baronnies (Jérusalem, Naplouse, Acre et Tyr) et de nombreux villages dans ces seigneuries. Ils tirent la plupart de leurs ressources d’impôts sur le commerce : des droits de vente (les « droitures de la fonde » sur les marchés —fondouk—) et de transit (la taxe ad valorem d’un vingt-quatrième exigée des caravanes allant d’Égypte ou d’Arabie en Syrie par les territoires d’outre-Jourdain), des droits d’importation et d’exportation (la « chaîne » qui barre le port donne son nom à la douane d’Acre). Ils possèdent aussi le produit de monopoles industriels (teinturerie, savonnerie, tannerie…), le droit de monnayage, réservé au roi à la différence de l’Occident, qui frappe des pièces d’or à légende arabe (« besants sarracénats ») et des deniers d’argent de type occidental. Ces ressources permettent au roi d’accorder des fiefs en besants ou fiefs de soudée (500 besants par an pour un chevalier), parfois plus nombreux dans une seigneurie que les fiefs en terre. Les croisés ont trouvé en Orient une économie monétaire beaucoup plus développée qu’en Occident, ce qui explique l’importance des taxes indirectes, des fiefs-rentes et la frappe de monnaies d’or. Les croisés, s’ils ont importé d’Europe l’organisation rudimentaire qu’ils connaissaient (administration des grands officiers de la couronne), empruntent aussi aux byzantins (à Antioche, un duc administre la ville, un prêteur la police) et aux musulmans : la Secrète (du grec sékrèton, bureau financier) correspond au diwan ; elle sert à la fois de trésor, de chambre des comptes et d’archives où l’on conserve les chartes de donation, le cadastre et la liste des fiefs avec leurs obligations. |
|  | | Julien Seigneur de l'absolu


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 | Sujet: les Zengides Mer 17 Aoû - 13:35 | |
| A cette époque il y a 2 grandes dynasties musulmanes qui s'entredéchirent les terres comprises entre la Turquie et l'Egypte actuelles: les Zengides et les Ayyoubides. Se sont les acteurs majeurs qui construiront l'Histoire de cette époque. Au milieu de ces dynasties gravitent l'ensemble des autres communautés, donc les Francs, les Templiers et les Bâtinis.
Résumé Les Zengides sont les membres d'une dynastie turque qui a régné sur l'Orient musulman de 1127 à 1222. Ils sont les premiers véritables artisans de la reconquête musulmane sur les Francs. Même si plusieurs princes musulmans avaient tenté de lancer des contre-croisades, les rivalités entre princes syriens avaient ruiné leurs efforts. Avec Zengi qui allie les villes d'Alep et de Mossoul, les contre-offensives pour s'opposer aux Francs deviennent durables, et les princes zengides s'assurent une puissance propre à éviter d'être entravée par les rivalités. À Zengi succède son fils Nur ad-Din, qui continue l'œuvre de son père et réussit à unifier la Syrie et nominalement l'Égypte sous son autorité. Cependant, il laisse en mourant un enfant, As-Salih Ismail, qui, entouré de tuteurs, ne pourra pas empêcher son cousin Saif ad-Din Ghazi de reprendre le contrôle de Mossoul. Le flambeau est finalement repris par le souverain de l'Égypte, Saladin.
Histoire
Les origines Le plus ancien membre connu de la famille est Aq Sunqur al-Hajib, un officier turc au service du sultan seldjoukide Malik Shah Ier. En 1085, Tutuş, émir de Damas et frère de Malik Shah défait et tue son cousin Süleyman Ier Shah, sultan de Roum lors d’une bataille à proximité d’Alep, s’empare d’Alep d’Edesse et d’Antioche et se proclame sultan de Syrie. Cependant, Malik Shah se méfie de son frère, intervient en Syrie et impose trois de ses fidèles comme gouverneurs des trois villes. Aq Sunqur est ainsi nommé gouverneur d’Alep.
En 1092, Malik Shah meurt, ses fils se déchirent pour la succession, Barkyaruq prend l’avantage et Tutuş envisage de s’emparer de l’Iraq et d’éliminer son neveu. Il oblige Buzan, gouverneur d’Edesse, Yâghî Siyân, gouverneur d’Antioche et Aq Sunqur à l’accompagner, mais au moment de la bataille, Buzan et Aq-Sunqur refusent le combat et battent retraite, par fidélité pour le fils de leur ancien maître. En 1094, Tutuş assiège Alep pour se venger, capture Aq-Sunqur et Buzan, qui était venu aider ce dernier, et les fait décapiter1.
Il laisse un fils, Imad ed-Din Zengi qui est recueilli et élevé par Kerbogha, atabeg de Mossoul, à l’époque où les croisés venus d’Europe occidentale s’emparent de Jérusalem et fonde plusieurs états latins le long de la façade méditerranéenne de la Syrie.
Zengi Kerbogha meurt en 1102 et Zengi se met au service du grand sultan seldjoukide. Devenu gouverneur de Bassora, Zanki réprime la révolte du calife abbasside Al-Mustarchid près de Bagdad en 1126. En 1127, à la mort de Mas’ûd ibn Bursuqî, Zengi est nommé atabeg de Mossoul et d'Alep par le sultan seldjoukide Mahmud II. Si la prise de possession de Mossoul ne lui pose aucun problème, à Alep un mamelouk de Ma'sûd, Qutlugh, y prend le pouvoir, mais s’y rend si tyrannique envers ses habitants qu'une révolte le renverse, et ouvre ses portes à Zengi quand il se présente devant la ville, le 18 juin 1128.
Après avoir pris le contrôle des deux villes, il obtient du sultan seldjoukide un diplôme lui reconnaissant l'autorité sur la Syrie musulmane. Fort de cette légitimité, il passe les dix huit années qui suivent à commencer l'unification de la Syrie et à reconquérir les territoires croisés. Mais il doit intervenir également en Irak pour aider son maître à combattre le calife qui cherche à reprendre son pouvoir. En 1132, il manque d'être capturé à la suite d'une défaite, mais il est secouru par Najm ad-Din Ayyub, gouverneur de Tikrit et père de Saladin. Petit à petit, il se rend populaire auprès des populations qui reconnaissent sa détermination à mener le jihad contre les Francs et qui oublient ses brutalités. Son plus grand succès est la prise d'Édesse le 23 décembre 1144 sur le comte Josselin II. En juin 1146, Zengi assiège la citadelle de Jaabar, tenue par un émir révolté, quand il est assassiné par un de ses serviteurs.
Nur ad-Din La mort de Zengi entraîne la dispersion de son armée et l’éclatement de son empire. Deux de ses fils se partagent ses possessions, Nur ad-Din lui succède à Alep et Saif ad-Dîn Ghâzî Ier à Mossoul. La population arménienne d’Édesse se révolte et ouvre ses à l’armée de Josselin II, mais est incapable de prendre la citadelle. Ils se trouvent coincés entre la citadelle et l’armée de secours et parviennent à s’enfuir, mais aux prix de lourdes pertes. Craignant les représailles, la population syriaque d’Édesse quitte également la ville. L’arrivée de la seconde croisade inquiète Nur ad-Din, mais elle préfère s’en prendre à Damas, ce qui renforce le sentiment antichrétien des Damascènes et affaiblit la position des émirs de Damas, partisans de l’alliance franque contre les Zengides. A la mort de son frère Ghazi, son autre frère Qutb ad-Dîn Mawdûd profite de ce qu’il est aux prises avec Antioche pour prendre le pouvoir à Mossoul, mais grâce aux actions de ses lieutenants Shirkuh et Najm ad-Din Ayyub, il s’empare de Damas en 1154.
L’année 1157 apporte au mois d’août un puissant séisme qui ravage particulièrement les villes musulmanes et au mois d’octobre la maladie à Nur ad-Din. A son rétablissement, au début de l’année 1159, il apprend qu’une armée byzantine approche, mais l’empereur Manuel Ier Comnène ne vient que pour soumettre et châtier Renaud de Châtillon, le nouveau prince d’Antioche. Il entreprend plusieurs campagnes contre les Francs, mais aucune ne donne de résultats décisifs.
Pendant ce temps, le califat égyptien est déchiré par les luttes de pouvoirs qui opposent les vizirs successifs. Shawar, l’un d’entre eux, est chassé du pouvoir en 1163 mais parvient à quitter l’Égypte sain et sauf, se réfugie à la cour de Nur ad-Din et le persuade d’organiser une expédition pour le remettre au pouvoir, expédition dont la direction est confiée à Shirkuh. Après six ans de guerres contre les Francs, qui cherchent également à étendre leur influence en Égypte pour faire bloc face à Nur ad-Din, et au cours desquelles Nur ad-Din lance régulièrement des offensives pour faire diversion, Shirkuh devient le maître de l’Egypte, mais meurt le 23 mars 1169, laissant le pouvoir à son neveu Saladin. Ce dernier montre rapidement des velléités d’indépendance et se dérobe régulièrement quand Nur ad-Din lui demande de participer à des actions communes contre les Francs. À la fin, Nur ad-Din prépare une expédition pour soumettre Saladin, quand il tombe malade et meurt, le 15 mai 1174.
Les successeurs de Nur ad-Din face à Saladin Comme il arrive souvent lors de la mort d’un souverain musulman, des luttes de pouvoir éclatent lors de la succession. Nur ad-Din laisse un fils encore enfant, As-Salih Ismail al-Malik, et trois lieutenants, gouvernant respectivement Damas, Alep et Mossoul cherchent à prendre l’avantage. Le gouverneur de Mossoul, Gümüshtekîn, se rend à Damas pour prendre en charge l’enfant et le conduire à Alep où il élimine le gouverneur. A Mossoul, Saif ad-Din Ghazi II, fils de Qutb ad-Dîn Mawdûd et neveu de Nur ad-Din, qui lui avait pris l’émirat de Mossoul, profite de l’absence du gouverneur pour reprendre son indépendance. Les notables et le gouverneur de Damas, inquiet de la façon dont Gümüshtekîn a pris le pouvoir à Alep, offrent l’émirat de Damas à Saif ad-Din Ghazi qui, occupé à prendre le contrôle de Mossoul, ne peut pas s’en charger, puis à Saladin qui prend possession de la ville.
Après avoir achevé sa prise de contrôle de Mossoul, Saif ad-Din Ghazi, le prince le plus âgé de la famille zengide, tente de chasser Saladin de Syrie à deux reprises, mais il est battu par ce dernier à Qurûn Hamâ à Tell al-Sultân le 23 avril 1175, puis 22 avril 1176. Même si Mossoul et Alep résistent aux sièges de Saladin, les princes zengides doivent accepter le protectorat de Saladin. As-Salih Ismail al-Malik meurt à la fin de 1181 et Alep revient à son cousin Imad ad-Din Zengi, tandis que Izz ad-Din Mas'ud succède à Mossoul à son frère Saif ad-Din Ghazi. Saladin tente une nouvelle offensive contre les Zengides, assiège en vain Mossoul, mais persuade Imad ad-Din Zengi de lui céder Alep en échange de Sinjar en 1183.
La fin de la dynastie Désormais sous protectorat ayyoubide, les zengides ne tentent plus de révolte contre Saladin. En 1190, Saladin qui a conquis la plus grande partie des états croisés, voit l'une de ses villes Saint-Jean-d'Acre, assiégée par la troisième croisade. Il appelle tous les musulmans au jihad et plusieurs zengides figurent parmi ceux qui répondent : Imad ad-Din Zengi, atabeg de Sinjar, Mu'izz al-Dîn Sinjar Shah, atabeg d'Al-Jazîra et un fils d'Izz ad-Din Mas'ud, atabeg de Mossoul, mais l'effort des musulmans ne parvient pas à empêcher les croisés de prendre la ville. Après la mort de Saladin, Izz ad-Din Mas'ud tente de se libérer de la tutelle ayyoubide, mais sa mort met fin à sa tentative. Dans les années qui suivent les Zengides disparaissent progressivement de la scène politique syrienne et irakienne, jusqu’à la mort du dernier d'entre eux, Nasir ad-Din Mahmud, en 1222.
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|  | | Julien Seigneur de l'absolu


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 | Sujet: Les Ayyoubides Mer 17 Aoû - 13:54 | |
| Histoire des Ayyoubides
Les origines Shadhi ibn Marwan, un chef kurde, père de Ayyub et de Shirkuh est à l'origine de la famille qui appartenait au clan kurde de Rawadiya, lui même branche de la tribu Hadhabani. Ils étaient parents de la dynastie kurde des Shaddadides et, quand le dernier d'entre eux fut déposé à Dvin en 1130, Shadhi emmena sa famille d'abord à Bagdad puis à Tikrit, où il est nommé gouverneur par Bihruz, commissaire du sultan seldjoukide auprès du calife. Shadhi meurt peu après et Ayyub lui succède comme gouverneur de Tikrit.
En 1132, le calife Al-Mustarchid profite de la mort du sultan Mahmud II et de la lutte pour sa succession pour tenter de s'émanciper de la tutelle seldjoukide. Zengi, émir de Mossoul marche sur Bagdad pour soutenir les seldjoukides, mais est battu près de Tikrit par l'armée du calife. Encerclé avec son armée au bord du fleuve, il ne doit son salut qu'à Ayyub qui lui fait traverser le fleuve et l'aide à s'enfuir.
Vers 1137, les deux frères quittent Tikrit pour rejoindre Zengi, qui nomme Ayyub gouverneur de Baalbek et Shirkuh officier dans son armée.
En 1146, Ayyub défend Baalbek contre Mu'in ad-Din Unur, l'atabeg de Mudjir ad-Din Abak, émir bouride de Damas et l'oblige à se retirer à Damas. Après la mort de Mu'in ad-Din Unur, en 1169, les deux frères sont envoyés à Damas avec la mission d'intriguer pour isoler l'émir et de favoriser la conquête de Damas par Nur ad-Din, le fils de Zengi, qui est effective en 1154. Ayyub est alors nommé gouverneur de Damas par Nur ad-Din.
De 1164 à 1169, Nur ad-Din envoie Shirkuh et son neveu Saladin pour intervenir en Égypte dans les querelles de pouvoir autour du vizirat et pour contrer les interventions franques d'Amaury Ier. Il en sort vainqueur et devient vizir le 18 janvier 1169, mais meurt le 23 mars suivant. Le calife fatimide Al-Adid nomme alors Saladin au vizirat espérant profiter de la jeunesse et de l'inexpérience du jeune homme pour le contrôler. Mais, contrairement aux espérances et aux prévisions de l'entourage du calife, Saladin, jusque là plutôt timide et réservé, prend les choses en main avec énergie. En quelques semaines, il élimine les fonctionnaires fatimides qui lui semblent indignes de confiance et les remplace par ses hommes, écrase une révolte de l'armée égyptienne et repousse en octobre 1169 une invasion franque. Mais il cherche également à s'affranchir de la tutelle de Nur ad-Din, tout en affichant des propos de soumission.
En 1171, Nur ad-Din, sunnite convaincu, exige l'abolition du califat fatimide chiite. Saladin hésite, car il tient son pouvoir du calife, et cette abolition le prive de sa légitimité, mais finit par le faire le 10 septembre 1171. Mais Nur ad-Din s'inquiète de plus en plus et Saladin fait venir en Egypte les membres de sa famille, confie les conquêtes de la Nubie du Yémen à un de ses frères afin de disposer d'une terre de refuge et, conseillé par son père, feint de se soumettre. Ayyoub meurt le 31 juillet 1173, Nur ad-Din s'avise qu'il n'a plus homme de confiance en Égypte et prépare une expédition pour soumettre Saladin, quand il meurt, le 15 mai 1174 suivi de peu par le roi Amaury Ier, qui laisse le trône à un fils encore mineur, le roi Baudouin le Lépreux.
Cette situation de régence ne permet pas aux Francs d’exploiter les querelles qui secouent l’empire Zengide après la mort de Nur ad-Din, et une tentative d’invasion de l’Égypte par le roi Guillaume II de Sicile échoue parce que Miles de Plancy, régent de Jérusalem, n’ordonne pas de diversion par le Sinaï. Durant les années qui suivent la priorité de Saladin, reprenant à son compte la politique de Zengi et de son fils, est d’unifier les Musulmans pour ensuite attaquer les états croisés. Aussi se rend-il avec son armée en Syrie en se présentant comme le protecteur des fils de Nur ad-Din. Damas, qui se souvient du gouvernorat d’Ayyoub, se soumet à Saladin, tandis qu’Alep et Mossoul se retranchent et refusent l’entrée de la ville à Saladin, qui assiège Alep. La diversion de Raymond III de Tripoli, qui assiège Homs, oblige Saladin à lever le siège. Peu après, Saif ad-Dîn Ghâzî II, atabeg zengide de Mossoul, tente de reprendre Damas à Saladin, mais échoue.
Deux ans plus tard, Sayf ad-Dîn Ghâzî II tente encore d’éliminer Saladin, mais il est battu à Tell al-Sultan et Saladin impose son protectorat aux deux princes zengides d’Alep et de Mossoul.
Ayant écarté la menace zengide, à défaut d’avoir soumis la Syrie musulmane, Saladin commence à s’intéresser aux états croisés. En 1177, les Francs profitent de la venue de l’armée de Philippe d’Alsace, comte de Flandre pour gagner du terrain sur l’Islam. La plus grande partie de l’armée franque est ainsi en train d’assiéger Hama avec les Flamands. Saladin en profite alors pour envahir le royaume de Jérusalem. Baudouin le lépreux accourt immédiatement avec la garnison de Jérusalem pour défendre Ascalon, que Saladin assiège immédiatement après. Il taille en pièces l’armée de secours convoquée par Baudouin et composée des bourgeois de Jérusalem. Estimant qu’il ne risque plus de rencontrer une résistance, il lève le siège pour reprendre sa progression, mais une partie de son armée mal disciplinée commence le pillage de la campagne. Baudouin, avec l’aide de la garnison templière de Gaza opère une mouvement tournant et surprend à Montgisard l’armée de Saladin et la met en déroute. Mais ce dernier rehausse rapidement son prestige en battant les Francs à Panéas, à Marj Ayoun et au Gué de Jacob (1179).
Sayf ad-Dîn Ghâzî II meurt en 1180 et Saladin s'attaque à Izz ad-Din Mas'ud Ier, le nouvel atabeg de Mossoul. Le 10 novembre 1182, il met le siège devant Mossoul, mais la pression des autres princes musulmans, inquiets de ses ambitions hégémoniques, l’oblige à lever rapidement le siège. Il assiège ensuite Alep en mai 1183 et l’émir Imad ad-Din Zengi, moins pugnace que son cousin, livre la ville en échange de Sindjar.
La Syrie et l’Égypte maintenant unifiés sous son autorité, Saladin peut envisager de concentrer ses efforts sur les états francs. L’époque devint favorable, car la maladie de Baudouin le Lépreux s’aggrave. Le 17 septembre 1183, il quitte Damas, traverse le Jourdain le 29 septembre, pénètre dans le royaume de Jérusalem et se dirige vers Bethsan, dont les défenseurs s’étaient repliés sur Tibériade. Saladin pille la ville, puis installe son camp autour des fontaines d’Ain Jalud et de Tubanie. L’armée franque, commandée par Guy de Lusignan, comte de Jaffa et beau-frère du roi, se porte à la rencontre de l’armée de Saladin. Mais les barons, voyant la position défavorable dans laquelle se trouve l’armée, refusent d’engager le combat et Saladin, qui n’est pas en position suffisamment forte pour attaquer, doit battre retraite et retourner à Damas.
La paix est signée entre Baudouin et Saladin, mais elle est régulièrement mise à mal par les actions de Renaud de Châtillon, seigneur d’Outre Jourdain, qui pille à l’occasion les caravanes qui relient Damas à l’Egypte et qui organise même une expédition de pillage de la Mecque, et Baudouin le Lépreux doit régulièrement mettre au pas son vassal indocile. Baudouin le lépreux meurt peu après en 1185 et son neveu Baudouinet lui succède sous la régence de Raymond III de Tripoli, mais meurt à son tour en 1186. Sibylle, sœur de Baudouin le Lépreux, et Guy de Lusignan montent alors sur le trône. Dépourvu de bon sens politique et d’autorité sur ses barons, il est incapable de contenir les exactions de Renaud de Châtillon et Saladin envahit le royaume, rencontre l’armée franque à Hattin, l’anéantit le 4 juillet 1187 et prend une par une toutes les places fortes du royaume de Jérusalem, à l’exception de Tyr, défendue par Conrad de Montferrat.
A la nouvelle de la chute de Jérusalem, l'Europe envoie une troisième croisade commandée par Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion. Cette croisade réussit à reprendre des villes du littoral, comme Saint-Jean-d'Acre, Arsouf et Jaffa, mais ne parvient pas à reprendre Jérusalem. Saladin meurt peu après, dans la nuit du 3 au 4 mars 1193.
La succession de Saladin Les fils de Saladin se partagent ses possessions : Al-Afdhal Nûr ad-Dîn Alî reçoit Damas, la Syrie méridionale et la Palestine, El-Malik ed-Zahir Ghazi prend Alep et la Syrie du nord et Al-`Aziz `Imad ad-Dîn `Uthmân a l'Égypte. Al-Adel, le frère de Saladin, reçoit la Transjordanie et la Djézirat. Des membres de la famille de moindre importance héritent de fiefs mineurs. Les princes zengides de Sinjar et de Mossoul, ainsi que l'émir ortoquide de Mardin profitent de la mort de Saladin pour secouer la tutelle ayyoubide, mais leur tentative tourne court à cause de la mort de Izz ad-Din Mas'ud.
A peine intronisés, les fils de Saladin se font la guerre. Al-Afdhal, sultan de Damas, se trouve rapidement menacé par son frère Al-Aziz, sultan d'Egypte et appelle son oncle Al-Adel à son secours. Al-Aziz est repoussé en 1195, mais Al-Afdhal se brouille avec son oncle qui s'établit en Égypte et aide son autre neveu Al-Aziz à faire la conquête de Damas et à en chasser Al-Afdhal. Al Aziz meurt d'une chute de cheval en novembre 1198, et son fils Malik al-Mansour, âgé de dix ans, lui succède sous la régence d'Al-Afdhal. En 1199, Al-Adel réussit à lui reprendre Damas, puis à envahir l'Egypte qu'il contrôle le 5 février 1200. Ses neveux font une dernière tentative en 1201, mais sans succès.
Les derniers Ayyoubides en Syrie
En effet, les dirigeants de Damas refusent le nouveau régime et se rallie à Al-Nasir Yusuf, émir d'Alep qui fait son entrée à Damas le 9 juillet 1250 et unifie la Syrie sous son autorité. Il occupe également sans difficulté Gaza, mais Aybak fait proclamer l'Égypte possession du calife de Bagdad et, fort de cette légitimité, envoie ses troupes réoccuper Gaza en octobre 1250. Le 11 décembre 1250, l'armée d'Al-Nasir quitte Damas en direction de l'Égypte. Elle rencontre l'armée mamelouk à 'Abbâsa le 2 février 1251 et la bataille commence à tourner en faveur des Syriens quand les Mamelouks de Damas désertent et se rallient à Aybak.
En 1255, Aybak subit une révolte d'une partie des mamelouks et certains d'entre eux, dont Baybars, se réfugient à Damas et veulent l'entrainer à la guerre contre l'Égypte, mais le calife intervient encore en faveur de la paix, et Aybak cède même toute la Palestine musulmane à Yusuf et les deux sultans concluent une trêve de dix ans. Quatre ans plus tard, un autre danger survient : les Mongols, conduits par Hulagu envahissent le monde musulman, prennent Bagdad, mettent fin au califat abbasside, puis envahissent la Syrie et prennent Alep (30 janvier pour la ville et 25 février 1260 pour la citadelle) puis Damas (1er mars 1260 pour la ville et 4 avril 1260 pour la citadelle). Al-Nasir Yusuf a préféré fuir les Mongols plutôt que défendre ses villes mais, au moment d'entrer en Égypte, préfère se rendre aux Mongols plutôt que de se livrer aux Mamelouks. Kitkuba, le lieutenant d'Hulagu, lui promet même de le réinstaller somme sultan de Damas quand la conquête de l'Égypte sera achevée Mais ce sont les Mamelouks qui battent les Mongols à `Aïn Jâlût le 3 septembre 1260, les repoussent et occupent la Syrie musulmane mettant définitivement fin à la dynastie ayyoubide. |
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