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 Chroniques d'un frère de la Côte

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Feldelin
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MessageSujet: Chroniques d'un frère de la Côte   Dim 23 Fév 2014 - 14:57



Chroniques
D’un frère de la côte






« Le Roi et ses pairs, ont enfermés la Reine
A bord d’un bateau de plomb
Nous naviguerons, et par ses pouvoirs
Moi et mes frères voguerons

Yo ho ! Sur l’heure
Hissons nos couleurs
Hisse et ho ! L’âme des pirates
Jamais ne mourra
Yo ho ! Quand sonne l’heure
Hissons nos couleurs
Hisse et ho ! L’âme des pirates
Jamais ne mourra

Il y a les morts, il y a les vivants
On ne peut fuir le temps
Grâce aux clefs de la cage
Il faut payer le diable
Et piller le levant
Les morts ne peuvent pas faire voile
Vers les mystères du funèbre Océan
Mais nous ne sommes et soyons forts
Et rentrons au port

Yo ho ! Quand sonne l’heure
Hissons nos couleurs
Hisse et ho ! L’âme des pirates
Jamais ne mourra. »





« 1667, au large de la Castille, nous voguons depuis deux jours en partance de la Bucca.»

Je m’appelle Dominic Hawkyns et je suis pirate. Je suis le fils de John Hawkyns, pirate avant moi qui fut de renom en Avalon et en Inismore en particulier. Ainsi, je prends sa succession et un jour peut être mon nom sera-t-il plus respecté que celui de mes ancêtres.

Je suis charpentier de formation et c’est grâce à mon talent reconnu à la Porte de l’Ouest que je pus embarquer pour mes premières aventures. Depuis que j’ai rejoins la Confrérie des Frères de la Côte, je ne suis pas retourné en Avalon et j’ignore comment va ma famille. Le pays me manque. J’espère pouvoir y revenir un jour, lorsque mon destin m’aura fait voguer avec mon propre navire. Car plus que tout j’aspire à être Capitaine et à arpenter les 7 mers. L’écume est une douce caresse dont je ne me lasse jamais. Les vagues me bercent comme l’enfant que je suis resté au plus profond de moi. L’océan est mon terrain de jeu, la proue de mon navire en sera ma lame, mes canons ma voix et mes faits d’armes mes légendes !


En ce deuxième jour de voyage où j’occupe le poste de matelot sur le Perchoir du Faucon, navire du Capitaine Facinelli, j’observe mes nouveaux compagnons.

Il y a tout d’abords Elya Von Schalken. C’est une femme de caractère. Elle s’occupe de la taverne sur l’ile de la Bucca. Je n’ai pas souvent eu l’occasion de lui parler mais lorsque je l’observe, il m’est difficile de détacher mon regard. Elle a de longs cheveux blonds qui viennent cerner son visage juvénile. Ses yeux sont d’acier et pourtant ils laissent transparaitre une lueur maternelle. Il y a quelque chose en elle d’envoutant. Nous avons appareillé après qu’un certain Vincenzo l’ait faite appeler à Kirk, une ville vendelar.
Facinelli a tout de suite choisi son équipage afin de l’y conduire. Le Capitaine, c’est sur, c’est un homme à femmes ! Il n’a pas son pareil pour séduire. Enfin du peu que j’ai pu en voir. Il a l’air bien cet homme et sympathique en plus. Et pour son équipage dont je suis nouvellement membre, j’espère que tout se passera bien.
Clint Barton fut le premier qui attira mon attention. C’est un jeune avalonien à l’allure élancée. Assez bien fait de sa personne, je ne pense n’avoir rien à lui envier… Enfin j’imagine ! Si je peux paraître bizarre avec mon long bâton à deux mains en guise d’arme, Clint ne lâche jamais son arc ! Espérons qu’il sache s’en servir !
Magloire est l’archétype du montaginois, enfin tel que Mary me les décrivait. A quelque chose près qu’il est rieur, toujours une flasque ou un bon mot à la bouche. Lorsqu’il se retire dans le quartier d’équipage, il me manque… Un peu…

Je fais mon labeur et j’aime être sur le Perchoir. C’est un bon bateau. »




« Quatrième jour de mer, au large des côtes montaginoises et avaloniennes.

Facinelli m’a laissé la barre et en tant que pilote, je suis tout à mon plaisir. La mer est bonne, les creux sont honnêtes et nous filons comme le vent. Le Perchoir est vraiment un navire d’exception et sa rapidité est impressionnante. J’en avais vaguement entendu parler auparavant et cela me fait bizarre d’être aujourd’hui à son bord. Celui dont il me tarde de voir les voiles est bien le Pendu. Sa réputation fait de lui un navire redouté. Le capitaine Allende doit être terrible. Aurais-je l’opportunité de servir à ses côtés ? Pilote ? Quartier-maitre ? Et pourquoi pas Second ? Moi, un pirate, si ma tendre mère me voyait… »


« Sixième jour de mer, aux abords des mers vendelar.

Je suis toujours pilote du Perchoir. J’y ai pris goût et le Capitaine semble me faire confiance. Hier au soir, j’ai veillé afin de revoir toutes les cartes. Je voulais être sûr de la route. C’est qu’ils sont tous aguerris et je parais minot à leur côté ! Magloire est vraiment un bon bougre. Il boit autant qu’il rit et jamais comme un lourdaud. Du sang de noble assurément coule dans ses veines et s’il s’encanaille avec la racaille, il n’en est pas. Ses manières le trahissent.
La mer se glace peu à peu et les creux se soulèvent plus à présent. Hier, nous avons évité un grain de gel de justesse. Je pense que nous aurions pu abîmer un peu les voiles. Mais Facinelli m’a donné quelques indications et l’air de rien, elles m’ont été précieuses pour contourner la tempête. J’ignore comment il fait mais il est rarement sur le pont supérieur et pourtant, dès que j’ai besoin de lui ou dès que j’ai une question en suspens, il est là ou pas très loin. C’est incroyable. »


« Septième jour de mer, le port de Kirk.

La ville de Kirk est en vue. Elle est immense ! Cardigan est une ville magnifique et la plus grande qu’il m’est été donné d’y vivre jusqu’à présent. Mais Kirk est une fourmilière. Tout y est démesuré. Sur le port, les matelots se croisent en un incessant ballet. Les premiers déchargent tandis qu’ils suivent ceux chargeant leurs cales. Tout cela à un rythme effréné. Plus loin, après les pontons, je pouvais apercevoir des chemins pavés ou que mon regard se pose. Il y avait des pavés et des lampadaires à peu près partout. C’était ahurissant. Dès le premier instant, je ressenti une atmosphère artificielle, dénuée d’âme, quelque chose d’étrange dans cette cité. La Confrérie y venait pour défier les Fauches Ardents. Le sujet était sérieux, le lieu étrange…
Facinelli insista pour me donner une dague et un pistolet. J’acceptais sans être convaincu de m’en servir un jour. Trois personnes vinrent à notre rencontre. Magloire, Clint et moi-même descendirent.
Lawson Mac Weening ouvrait la marche. Ce Highlander fait parti de ceux qu’on ne peut éviter. Il n’est pas imposant, c’est une montagne vous cachant du soleil. Par grand vent, je l’imagine avec son kilt nous faisant office de mât supplémentaire et de voile d’appoint.
La femme avait une beauté chaude et radieuse. Son teint halé offrait la promesse de voyages exotiques. Ses lèvres pulpeuses et sa poitrine généreuse y ajoutèrent quelques délices sensuels comme rarement les hommes peuvent en fantasmer. Je croisais son regard de battante et tout de suite je revins à la réalité dure et froide de Kirk La Glacée. Valéria qu’elle me dit s’appeler. Elle aurait pu me donner tous les noms de Théah, tous auraient été parfaits.
Le petit homme à ses côtés, dodelinant d’un pied sur l’autre, se faisait appelé Pawel. Il avait un drôle d’accent que je n’avais jamais entendu auparavant. Il parlait si vite parfois que ses propos semblaient s’effilocher à l’instar d’un vêtement de mauvaise facture. L’une et l’autre nous firent un portrait du conflit nous opposant aux Fauches Ardents. C’était sibyllin. Des enfants, une imprimerie, la Fosse, Vincenzo, un Vodacci, le prévôt et bien d’autres choses ajoutèrent à ma confusion. Magloire était bien au fait de tout cela et je n’osais pas trop poser de questions.

Il fut décidé promptement d’aller à la Petite Vesten pour y rencontrer une Sœur du nom de Béatrix. Une petite fille se prénommant Ninon ayant informé Pawel que tout n’allait pas bien à l’imprimerie. Les enfants y étaient retenus. J’en ignorais tout mais chose certaine, il fallait se hâter afin de les secourir. Lorsque nous arrivâmes à une auberge jouxtant une église, Valéria nous fit signe de la suivre afin de parler à la nonne. Je fus écœuré par l’endroit. Il transpirait la tristesse, la résignation, l’envie d’ailleurs y était peinte autour de nous.
Lawson avait bien fait de rameuter quelques brutes du Perchoir afin de nous garder de toutes mauvaises rencontres. Pawel semblait aussi rassuré que moi. Je n’avais pas peur. Si… J’avais peur…

Il nous fallut peu de temps pour nous assurer du lieu, pour nous convaincre de l’urgence, pour nous décider de l’action. Il fut établit que, par le vieux phare non loin de la Fosse, nous allions longer la falaise et entrer par les égouts. La Fosse me donnait la nausée. Tout y était mort et désespoir. Si la Petite Vesten avait paru pauvre mais joyeuse, la fosse en était son pendant morne et moribond. Ses habitants se laissaient peu à peu se perdre dans un oubli d’indifférence. Une déliquescence abjecte qui me révulsait. Nous devions sauver ces enfants ! Il le fallait. Non au nom de la Confrérie mais juste pour eux, pour leur vie, pour leur montrer que tout espoir n’est pas éteint en ces lieux.

La falaise près du vieux phare était abrupte. Nous nous y aventurâmes prudemment. Nous avions tous un œil sur notre compagnon le plus proche. Peu en arrière de Magloire, je ne vis pas Valéria tomber de suite dans les eaux noires de la petite crique. Elle disparu comme happée par la houle déferlante mais lorsque j’aperçu l’aileron d’un requin, je compris qu’il fallait agir vite. Magloire fut plus prompt encore et dans un accès de témérité, il se jeta sur la bête pour l’embrocher de son épée. Le combat me sembla tel que les récits légendaires des pirates que j’entendais encore enfant. Il semblait chevaucher le monstre qui se cabrait tel un étalon sauvage. Valéria dans sa gueule, le monstre disparut sous les flots tandis que le montaginois, désarçonné, regagna la côte. Le bretteur avait laissé sa lame fichée dans l’épais cuir du squale. Nous fûmes consternés en moment. La jeune femme n’était plus… Je vis l’aileron au loin et de dépit je lui tirai dessus. Le requin partit alors au large.
Et soudain nous entendîmes la voix frêle de notre compagne. Valéria semblait sauve et déjà dans la grotte qui devait nous mener aux égouts. Comme ce prodige était possible ? Je l’ignorais mais de suite je me réjouissais de la savoir en vie. La troupe n’eut aucune difficulté à la rejoindre et seul Magloire maugréa, lui qui avait perdu son épée, de valeur parait-il. Ce n’était qu’une lame après tout et j’avais peine à comprendre tant d’importance accordée pour une arme.

Si la Fosse m’avait semblé sordide, les égouts s’enfonçaient plus encore dans des abîmes d’écœurement. Je vis alors ce lieu en exécration tant le sentiment mortifère me rongea l’âme. Le chemin me parut sans fin. L’onde noirâtre se déversant à nos pieds laissait apparaître des visages défunts d’enfants hurlant un désespoir dans un silence assourdissant. Mon esprit s’embrumait alors peu à peu. Ma colère contre cette morne mort empoisonna chaque parcelle de mon être. Ces faucheurs étaient l’abjecte incarnation d’une détestation sans fin et mes yeux n’avaient encore rien vu. Nous frayant un chemin dans cet enfer, nous perdîmes quelques compagnons car le danger logeait à chaque recoin.
Je me souviens aussi, lorsque des mercenaires vestens lâchèrent sur nous des scies circulaires de taille gigantesque, avoir bien faillit mourir. Et ma vie me fut épargnée que par mes reflexes et également, car il faut m’en souvenir, l’action de ce petit rat courageux de Pawel. Sans lui, plus encore de nos frères auraient gît à jamais dans ces égouts.

Nous touchâmes au but. Et notre horreur fut sans fin. La pièce que nous découvrîmes fut d’une atroce réalité. Des cages par dizaines… La Mort dans sa plus terrible expression… Ma répulsion fut difficile à contenir… Lawson en vomit. Mon dégoût resta sur le bord des lèvres, ma tristesse coulant sur mes joues, ma colère crispant mes poings, mon impuissant pressant mon cœur. Béatrix nous expliqua alors que tous ces enfants déformés servaient de réservoir aux ténébreux artefacts fonctionnant à l’étage supérieur. Nous voulions tous en finir mais la sœur et ses amis nous expliquèrent que rien n’était simple. Il fallait procéder à un rituel spécifique dont eux seuls avaient la maîtrise. Nous laissâmes faire. Pendant ce temps, Clint, Pawel et Valéria s’en prirent à Lawson, l’accusant d’être un faucheur. Ou plus exactement le traitre de la Confrérie acquis à la cause de ces ignobles ennemis. Il avoua. Clint décocha sa flèche. Pawel abattit sur lui toute sa rage. Ni Magloire, ni moi n’étions d’accord. Mais nous laissâmes la chose se faire. Nous devenions complices de cette colère animale. Le lieu nous avait-il corrompus ? Encore aujourd’hui je me le demande…
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